Destins entremêlés || Flashback feat. Céleste Barratie

Castiel Lee
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Castiel Lee
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Mar 6 Nov - 1:15

Décembre 2042 - Castiel, 13 ans.


C'est au cours de la troisième année que je l'ai rencontré.

Auparavant, j'étais constamment affairé à apprendre de nouvelles choses et à apprendre à sympathiser avec tous les Gryffondor – du moins ceux qui le voulait – ne faisant pas vraiment attention à ceux qui croisaient mon chemin en d'autres circonstances. Je n'aurai pas jusqu'à dire qu'il s'agissait de fantômes à mes yeux, mais disons que je faisais comme pas mal d'élèves : à la moins que la personne ne vienne directement à ma rencontre, je n'avais pas de raison de le déranger. De fait, ce n'était jamais moi qui engageait vraiment la discussion, sauf quand j'y étais invité pour une raison ou pour une autre. Je me contentais donc simplement de laisser les autres venir à ma rencontre pour discuter avec moi. De manière générale, je parlais tout de même à pas mal de personnes de cette façon, ce qui ne m'avait jamais causé de problèmes. Mais lui, je ne sais pas. J'ignore si c'était par pur hasard ou simplement parce qu'il n'était pas porté sur la discussion, mais pendant le premier tier de cette deuxième année, je ne suis jamais parvenu à le croiser. Il faut dire aussi que je ne m'en rendais pas compte. Nous étions simplement plus ou moins inexistants l'un pour l'autre selon moi.

Mais les choses changent, et un jour vint où je croisa son chemin.

C'est bizarre que je m'en rappelle encore maintenant. Il ne s'était pourtant rien passé d'extraordinaire ce jour-là. J'avais simplement été surpris de découvrir un nouveau visage dans l'école, me demandant s'il ne s'agissait pas d'un élève transféré. Mais j'avais rapidement chassé mes interrogations et continué mon chemin sans y repenser plus longuement, n'ayant pas d'intérêt à y porter. Notre première rencontre s'était ainsi faite dans la platitude la plus totale. Sur le coup, rien de spécial, mais je pense aujourd'hui qu'intérieurement, il y a eu un déclic inconsciemment, silencieux, indétectable. Le début de quelque chose. Les jours qui suivirent, sans comprendre pourquoi, je me suis mis à penser à cet élève mystérieux rencontré par hasard au détour d'un couloir. En y pensant, je n'avais même pas eu le temps de voir à quoi il ressemblait. Pour moi, il n'était qu'un élève parmi tant d'autres. Sauf que celui-là ne voulait pas quitter mon esprit. Il me rendait beaucoup trop curieux. J'en vins très vite à détester cette silhouette qui était la sienne, me disant que je serai capable de me montrer mauvais envers cet élève alors qu'elle n'avait rien fait. Très bête, mais dans la continuité de mes émotions.

À un moment, j'ai fini par en avoir marre. J'ai commencé à le rechercher.

Mon père m'a toujours dit que Poudlard pouvait paraître assez petit en terme d'espace à cause de sa façade externe, mais qu'une fois à l'intérieur, l'endroit était en fait un vrai labyrinthe. J'étais bien triste de constater qu'il avait entièrement raison. Certes, je ne me perdais pas, ayant petit à petit appris à comprendre comme marche la carte des différents couloirs, mais autant dire que retrouver cet élève mystérieux, c'était comme vouloir chercher une puce dans le poil d'un Loup-Garou. Impossible. Pourtant, j'ai persévéré dans mes recherches. J'ai continué de chercher pendant plusieurs jours au point que c'en était presque devenu obsessionnel. C'était dingue. À un moment cependant, j'ai fini par abandonner, comprenant que ma quête était vaine et qu'il valait mieux pour moi, jeune frêle âgé de douze ans à peine, de ne pas trop dépenser en énergie pour des recherches qui ne donneraient rien.

Et c'est à ce moment-là qu'il est apparu de nouveau.

Comme une sorte de manifestation spectrale, comme une réponse à mon appel de détresse dans ma quête pour le retrouver. Malheureusement, il se situait sur un couloir complètement opposé et je me serai mal vu venir à sa rencontre sans raison. En dépit de toute envie de passer pour un gros lourd, je choisis donc finalement de le laisser repartir une nouvelle fois, volontairement. C'est quelque chose que je regrette un peu, quand j'y pense. J'aurai peut-être dû me laisser aller à mes émotions et à aller tout de suite à sa rencontre, qui sait ? En tout cas, le fait est que je suis resté silencieux tandis qu'il quittait mon champ de vision, peut-être pour toujours …

Mais j'ai fini par croiser une troisième fois sa route.

Cette fois, il était dans le même couloir que moi, et dans le sens contraire au mien. Je ne pouvais pas rêver. Pendant un instant, je ne lui accordas aucun regard, ne voulant pas éveiller les soupçons, mais je finis par craquer pour voir où j'en étais. Plus qu'une dizaine de pas. Cette fois, je ne comptais pas le laisser s'échapper. Je me devais de savoir qui était ce jeune homme qui te tourmentait tant l'esprit sans le savoir. Mais comment l'abordez efficacement ? Beaucoup trop peu de possibilités et autant pour réfléchir à une contre-mesure. Après un court instant, une seule me vint, que je mis aussitôt en application … en venant taper violemment l'épaule du jeune homme pour l'envoyer au sol en même temps que toi. Opération réussi, ou en tout cas en parti, puisqu'il fut au moins touché par mon assaut. L'occasion était là, et je la saisis sans tarder, tendant ma main vers le jeune garçon qui me faisait face à ce moment-là.

Excusez-moi ! Je suis sincèrement désolé ! Est-ce que vous allez bien ?

Mon ton se voulait amical et gentil, mais j'ignorais si cela se ressentait de la même façon chez mon désormais interlocuteur. Je m'empressai donc de modifier quelque peu mes propos, y ajoutant une information nécessaire pour rassurer sur ma bonne volonté.

Je m'appelle Castiel Lee, et toi ?

Et hop, dans la foulée, tu étais présenté. Maintenant, cela dépendait de lui …
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Celeste Barratie
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Lun 12 Nov - 17:17


Décembre 2042 - Celeste, 11 ans, 1ère année.

Le château était terrifiant, assommant de par toute son activité. Et Celeste se perdait au milieu de ce chaos sans logique et grouillant. Dire que sa petite école de moldue lui apparaissait déjà comme un mur infranchissable, une sorte de parcours d'obstacles de l'enfer de la mort qui tue.

Alors Poudlard... Que dire de Poudlard ? La boule au ventre était devenue son seul point de repére. Matin, soir, en journée, pendant les cours et les pauses : il se sentait comme broyé par toutes ces nouveautés, emporté par la vague des élèves de tout horizon, par ces tableaux qui bougeaient et toutes ces choses étranges qu'on déblatérait pendant les cours. Les cours justement : il en était tétanisé rien que d'y penser. Il s'en serait évanoui. Comment un moldu tdah comme lui pouvait donc bien atteindre le niveau des autres, au juste ? Il avait beau faire tous les efforts du monde, cela ne suffisait pas. Jamais. "debout ! debout !" criait t'il à bout de souffle, à un balai toujours aussi immobile.

C'était une spirale infernale, un brasier qui cramait sa peau et ses rêves. Et ni ses supplications, ni ses larmes ne suffisaient à l'éteindre. "Tu finiras par t'y faire" Tout le monde aime Poudlard" lui répétait t'on en boucle. Mais ce n'était pas le cas. Après 4 mois de cours, la seule chose qui le tenait encore debout : c'était les vacances de Noêl qui arrivait. Ah, ce qu'il avait hâte de rentrer chez lui, de retrouver l'odeur des pizzas, de respirer à nouveau. Espoir lancinant, attente interminable.

Mais il n'arrivait pas à ne pas y penser : l'après.

Après : il allait retourner à Poudlard. À nouveau faire face aux autres étudiants, heureux et épanouis ; Encore, s'asseoir sur le banc des différents. Des pas normaux. Des cassés. Qu'importe combien de ritaline, il prenait au juste... Il n'était destiné à changer. Condamnné par la vie à être ce garçon hyperactif, fendu par ses émotions et écarté par ses pensées. Il n'arrivait pas à changer. À être comme les autres. C'était un supplice de faire face à ce rêve sans même pouvoir espérer l'effleurer du doigt.

Il serra le poing à s'en faire saigner la paume. C'était l'un des rares moyens d'extérioriser tout ça. Toute cette douleur, cette peur. Se retenir, inspirer, se fermer en soi même et jeter la clé loin. Dans une fosse infinie. Surtout rester de marbre, se concentrer, encore. Toujours plus. Se concentrer. Encore. Ce ne sera jamais fini. Il le devait bien si il voulait un jour faire bouger ce fichu balai. Chasser les autres pensées parasites, les faire taire à jamais. Se concentrer.

...Impossible.

Il luttait contre un flot bien trop fort -de pensée et de sentiments- et le monde qui l'entourait disparaissait peu à peu. L'intérieur gagnait. Comment vivre sur la frontière entre deux mondes ? Quand l'un est trop présent, on en oublie, l'autre. Même quand ce dernier tente de nous appeler à lui de la plus violente des manière.

Il n'a pas bien vu ce qui s'est passé ce jour là. Il n'a pas vraiment fait attention -pour changer. Ce qu'il souvient de source sûre : c'est qu'il s'est senti emporté et qu'il a lourdement atterrit au sol. Écrasé sous le poids d'un garçon un peu plus âgé que lui. Et sur le coup, ça lui avait fait tout drôle. Ça aurait dû le déstabiliser, l'énerver, le gêner au moins mais non... Il s'était senti... Étrangement en sécurité. Bien. Il était vraiment bien ainsi calé contre le corps du garçon. Et à cette pensée, il avait rougit. Comme il rougissait souvent en regardant les garçons. Pourtant, il aimait les filles. Il n'était pas différent de son papa. Oh non pas différent. Il en était hors de question. Une différence en plus aurait fait déborder le vase et il se serait noyé dans son espoir fou de se sentir comme les autres.

Alors quand le garçon s'était levé, avait tendu sa main et s'était présenté : Celeste avait eu peur. Terriblement peur de faire face à une autre différence qu'il ne comprenait pas. Il aimait les filles, c'était obligé.

-Je... avait t'il entamé retenant du mieux qu'il le pouvait ses larmes.

Il haïssait ce garçon au moins, comme il s'haïssait lui même. Il lui en voulait tellement. De venir encore une fois confirmer ce qu'il savait depuis trop longtemps. De lui tenir fermement la main sur le banc des exilés. Il ne pouvait être hypercatif ET aimer les garçons. Non. Ça le mettait bien trop sur la touche. Ne manquait plus qu'il soit descendant d'immigrés et... Oups. Il l'était.

Différent.

Çe lui faisait trop peur.

Alors, par un réflexe de défense idiot : il repoussa la main du dit Castiel, se leva rapidement et s'enfuit non sans donner un coup de coude à l'autre. Il arriva plus tard dans son dortoir, épuisé et en larmes. Trop perturbé par sa différence et par l'image de ce garçon un peu plus âgé qui se gravait dans son esprit, bien malgré lui.

Castiel Lee. Il le détestait pour cette nouvelle sensation. Picotement qui montait dans le corps.

-Est-ce que tout va bien ? demanda un autre poufosuffle qui l'avait vu arriver dans la salle commune. Je suis Jamie, enchanté !

Le visage rougissant et le coeur battant, Celeste leva les yeux vers son camarade. Non, rien n'allait en fait.

* * * * * * * * *  

Décembre 2044 - Celeste, 13 ans, 3ère année.

Une fine couche de neige recouvrait le château, donnant des airs tout nouveau à l'école. On aurait dit un autre monde : plus calme, plus silencieux, plus religieux. Écharpes, mouflles, batailles de boules et bonhomme aux longs nez légumineux étaient légions. Et alors qu'une brise glaciale parcourait les couloirs, les émois adolescents réchauffaient les coeur et les corps.

- C'est une serdaigle ! S'exclama Jamie Elle a beau être jolie, elle en reste casse bonbons ! Jamais je sortirais avec cette... "CrottaCeda".

L'assemblée des blaireaux pouffèrent en choeur alors qu'une belle brune leur jetait des regards outrés depuis la table voisine. Le regard verdâtre de Jamie se ballada de la brune à ses camarades de dortoirs, un sourire fier - un peu idiot - scotché au visage.

- Et Celeste ? T'as une idée de qui tu va inviter au bal de Noël ? demanda une petite rousse en battant des cils.

Le beau brun leva les yeux de son livre de métamoprhoses en se mordant la lèvre inférieure. Qui il allait inviter ? Il n'en savait rien, après tout son histoire avec Joy venait de se finir et il en avait toujours aussi mal au coeur.

-Celestou ? entama Jamie, fiérot Il trouvera bien une autre victime à ajouter à son tableau de chasse ! Même si on sait tous qu'il n'en pince que pour Lee des griffondors ! 
-Le cinquième année ? demanda Victor, toujours aussi vorace de potins.

L'italien d'origine n'eut pour réponse qu'un coup de coude envers son ami et le feu qui lui monta aux joues. Cela ne faisait que quelques-mois, qui l'assumait : sa bisexualité. Et il n'avait eu qu'une aventure avec un garçon des serpentards. C'était gênant de se faire dévoiler devant une bonne partie de son dortoir comme ça.

-Il ne sait même pas que j'existe de toute façon... Bougeonna Celeste.
-Tu plaisantes ? répondit au tac au tac Victor Tu es le tombeur de 3éme année, Celeste ! 13 relations en 3 mois, tout Poudlard sait qui tu es !

Celeste intima rapidement à son ami de se taire. Il n'aimait pas vraiment cette réputation qui lui collait à la peau, il n'avait rien d'un tombeur. Lui tombeait juste pour les autres et n'avait rien pour plaire. Oh non. Qui voudrait d'un loser comme lui au juste ?

-Oh ! Et bien on va le savoir très vite ! S'exclama Jamie Lee ! Lee ! Oui toi ! Viens voir cinq minutes !

Les yeux du brun s'écarquillèrent alors qu'il jeta un regard affolé derrière lui. Oui. Ça venait de se passer, son meilleur ami venait bel et bien de demander au garçon qui occupait ses pensées depuis plus de deux ans de venir à leur table. Oh ce qu'il n'aurait pas fait pour transplaner, là, tout de suite. Aprés avoir jeté un regard courroucé à Jamie, il n'eut d'autres choix que... Que de se glisser avec la discrétion d'un troll sous la table. Ses joues prirent rapidement la teinte des écharpes des griffondors alors qu'il entendait Jamie, hilare, s'adreser à son crush :

-Tu connais Celeste ? Celeste Barratie ? Lui, sous la table. Il a un truc à te demander.

La glotte de Celeste se replia sur elle-même, alors qu'il sortait piteusement de sa cachette et jetait un regard fuyant au nouvel arrivé. Se mordant la lèvre et essayant son cri intérieur ; Il articula difficilement :

-Sa.. Salut.

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Castiel Lee
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Castiel Lee
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Mar 12 Fév - 19:18

Je …

Ce fut les seuls mots que ma présentation parvint à lui arracher, avant que le jeune homme prenne subitement la fuite, te bousculant au passage. C'est ainsi que, le cul sur le sol froid et dur, je vis celui qui occupait mes pensées depuis plusieurs mois prendre la fuite. Sur le coup, un sentiment me prit. Certes, je l'avais bousculé, mais était-ce une raison pour me fuir comme si j'étais un épouvantard ? À mes yeux, non. Mais très vite, c'est la frustration qui prit le pas. Ma tactique avait été un échec total et maintenant, il me fuyait. Quelle imbécile j'étais. Je me retins de me taper la tête et choisit plutôt de serrer les dents, me relevant avant de partir dans la direction opposée à l'adolescent. J'aurai sans doute dû partir à sa poursuite, tenter de comprendre la raison de sa réaction, lui faire comprendre que je me fichais complètement de ses défauts, mais au final, je me dis simplement qu'il n'avait pas fui pour rien et que vouloir aller le retrouver ne ferait qu'attiser sa peur envers toi. Il n'était qu'un premier année, je ne me sentais pas de l'embêter avec mes histoires de cœur. Et puis au final, je l'avais rencontré. C'était bien assez suffisant me concernant. J'allais pouvoir passer à autre chose …

[…]

Décembre 2044 – Castiel, 15 ans.

Deux ans passèrent après ma rencontre avec le jeune Poufsouffle, et malgré le temps, son existence continua de m'obséder. Chaque jour, j'eus une pensée pour lui, à imaginer son quotidien à Poudlard. Bien sûr, j'avais pour habitude de le faire avec un peu tout le monde, imaginant à chacun une possible vie très souvent idéalisée. Dans son cas cependant, c'était récurrent. Je ne m'en lassais jamais. C'en devenait presque dingue. Assez en tout cas pour que j'en parle avec mon meilleur ami à l'époque, un dénommé Harold dont le nom m'est aujourd'hui inconnu, en tout cas. Il m'a dit que c'était de l'amour. L'amour fou même. Autant dire que je l'ai vite rembarré. À vrai dire, à l'aube de ma cinquième année, j'avais déjà vécu plusieurs amours avec divers membres de l'école – pour la plupart des Gryffondor – et le sentiment d'amour était quelque chose que je connaissais bien. Dans le cas du jeune Poufsouffle, je sentais que c'était différent de l'amour, que c'était même parfaitement indescriptible. Harold, lui, avait maintenu son hypothèse, s'amusant même à me narguer régulièrement lorsque la silhouette du jeune garçon apparaissait dans votre champ de vision. Malheureusement, même si j'étais convaincu du contraire, je n'arrivais pas à le contredire. Il subsistait ce petit doute qui m'empêchait de réagir. Ce petit doute qui te fait dire « Et si c'était vrai ? ». L'idée que cela soit le cas me rendait quelque peu nerveux, même si je faisais de mon mieux pour ne pas le laisser paraître.

Puis vint ce soir de Décembre.

L'heure de dîner avait débuté depuis un moment et les enfants attablés s'éclataient déjà bien la panse tout en s'échangeant des rires et des réponses en continu, animant la salle commune d'un joyeux brouhaha. Chaque dortoir était comme à leur habitude regroupé sur leurs tables respectives, faisant que tu te trouvas à discuter uniquement avec d'autres Gryffondor. Heureusement, tous étaient de bons amis et vos discussions furent bien joyeuses. Surtout, il y avait Harold. Toujours là avec moi. Lui et moi, on était assez proches. Il savait pourtant pertinemment pour mon homosexualité, mais cela ne semblait pas le déranger outre mesure. Il a toujours été très ouvert d'esprit, c'est sans doute pour ça que j'ai adoré l'avoir comme meilleur ami pendant des années. Cependant, son côté quelque peu moqueur m'a toujours quelque peu dérangé, et malheureusement ce soir-là, il avait décidé de l'être. L'approche du bal de Noël y était pour beaucoup.

Alors Castiel ? T'as prévu quoi pour le bal ? Tu vas te décider à avouer tes sentiments ?
Je t'ai déjà dit mille fois que je ne l'aime pas. Je ne le connais même pas en plus !
Tu m'en diras tant.

Je soufflai avec ma langue. Son obsession à mon propos commençait sérieusement à m'exaspérer à ce moment-là.

En tout cas, pour te répondre, j'ai demandé à Will pour le bal. Il m'a dit qu'il y réfléchirait.
Pfeuh. Tu lui parles encore à ce nigaud ? Il pète pas plus haut que trois têtes d'elfe de maison et se croit tout permis parce que ses « gentils parents » sont des « Langue-de-plomb ». Tu lui trouves quoi franchement ?
J'aime bien être avec lui.

Harold me dévisagea avec son regard choqué qui me fait aujourd'hui encore bien rire. À chaque fois, on dirait que j'ai dit une connerie.

C'est tout ? Tu vas me dire que tu es prêt à sortir avec un mec juste parce que t'apprécies d'être à ses côtés ?
Parfois, c'est tout ce qu'il me faut.

Son visage passa subitement du choc à l'amusement, arborant alors un grand sourire.

Est-ce que je dois m'inquiéter ?

Je me contentai de lui rendre son sourire amusé avant de me lever, indiquant devoir aller chercher un plat en bout de table par flemme d'attendre sa venue. Ce fut le moment que choisit un élève sorti de nulle part pour m'accaparer, affichant un énorme sourire.

Lee ! Lee !

Ses appels ne passèrent pas inaperçus et ceux me connaissant tournèrent aussitôt le regard dans ma direction, intrigués. Un instant, je me demandas s'il s'agissait bien de moi et commenças à me tourner vers l'origine de la voix.

Oui toi ! Viens voir cinq minutes !

Avec ça, je fus certain que c'était bel et bien moi, le Lee recherché. En même temps, il n'y en avait certainement pas d'autre que moi. Quoiqu'il en était, je terminai rapidement ma rotation et découvrit un petit groupe de Poufsouffle me scrutant, cherchant à m'attirer à eux. À leur niveau, une place était vide, peut-être inoccupé, peut-être pas. En tout cas, leur appel m'intriguait. Je lançai un rapide coup d’œil vers Harold qui observait, curieux, comme tous les autres. Bon, ce n'était pas de son fait. Je m'avançai donc légèrement hésitant, légèrement apeuré par ce qu'ils allaient me dire. J'avais bien fait.

Tu connais Céleste ? Céleste Barratie ? Lui sous la table.

L'adolescent me pointa la position de l'intéressé, m'invitant à regarder sous cette fameuse table. Ce qui s'y trouvait me prit au dépourvu : le jeune Poufsouffle. J'écarquillai les yeux et reculai légèrement, cherchant à ne pas laisser paraître ma surprise. Que diable faisait-il là ? C'était invraisemblable. Alors celui qui m'avait appelé était son ami ? Le coup du sort. Ironique n'est-il pas ? Dans ta tête, ça sonnait presque comme une mauvaise blague. Néanmoins, si le jeune homme t'avait appelé, il devait y avoir une raison. Elle ne tarda pas à arriver.

Il a un truc à te demander.

J'affichai un air légèrement surpris. Que pouvait-il bien me demander ? Intrigué, je laissai le jeune brun, dont tu connaissais désormais le prénom, sortir de sa cachette tout en lançant un regard fuyant, prenant la parole après un petit instant de silence.

Sa … Salut.

Je gloussai. Son salut était d'une timidité sans nom, mais rien que cela me fit ressentir à nouveau cette étrange émotion qui me parcourait le corps depuis que j'avais croisé sa route pour la première fois. Pendant quelque secondes, je restai inerte, cherchant à stabiliser mes émotions, puis je me repris, affichant un léger sourire amical.

Salut.

Je ne sus comment enchaîner, devant laisser un petit silence pour trouver mes mots.

Je t'écoute. Que veux-tu me demander ?

Je lui fis part de mon interrogation avec la voix la plus sereine que je pusse lui offrir. Je n'oubliai pas qu'il cherchait à me fuir depuis deux ans à présent. Mieux valait ne pas le brusquer …
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