Léo Michelis | C'est juste Léo, ok ? Le reste n'existe pas. [Terminé]

Léo D. Michelis
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Date d'inscription : 02/12/2018
Dim 2 Déc - 20:20

Léo D. Michelis
nom Michelis
prénom(s)
Léopold Darwin, mais il veut qu'on l'appelle Léo parce qu'il n'assume pas du tout son prénom, et il aime pas non plus le deuxième
age
28 ans
groupe
Neutre à tendance Résistante
sorcier, moldu, créature magique ?
sorcier
patronus
Renard
Baguette
28 cm, Bois de frêne – Ventricule de Dragon
Métier
Professeur de potions à Poudlard - Référent Serpentard
avatar
Rin Matsuoka – Free
Description
Léo, en vérité, il s'appelle Léopold. Ses parents trouvaient que ça faisait classieux, que ça s'accordait bien avec le reste de sa famille. Mais lui... il déteste son prénom. Il trouve que ça fait « vieillot », trop bon enfant, trop petit prince, trop... plein de choses, en fait. Et il n'aime pas vraiment son deuxième prénom, soit dit en passant. Alors il se tue à dire à toutes les personnes existantes qu'il s'appelle Léo, pas Léopold ou Darwin. Du coup, ça étonne beaucoup de monde lorsqu'on l'entends se faire appeler par son prénom.

Ce n'est pas qu'on a du mal à le prendre au sérieux, c'est juste... qu'il ne paraît pas bien menaçant. Déjà qu'il n'est pas très grand, il n'est pas non plus très épais bien qu'il cache un peu de muscles. Ses cheveux mi-longs sont teints d'une couleur mauve qui paraît parfois rose foncé, en fonction de la lumière. Il a beau avoir 28 ans, disons qu'il paraît légèrement plus jeune que son âge et pour peu qu'il se fonde dans la masse, il se pourrait qu'on le confonde avec des élèves.

Comment dire qu'il est très grincheux ? C'est peut-être l'une des premières choses que l'on peut dire de lui, lorsqu'on le voit. Parce qu'au fond, c'est quelque chose de totalement vrai, qui le caractérise. Il passe son temps à se plaindre, à râler pour rien, il se fait victime en disant que « on profite de son génie », il se plaint de ses robes de mage qui sont trop grandes... c'est vrai que ça peut prêter à rire, parfois. Parce qu'il en fait tellement des caisses qu'au final, ça amuse plus qu'autre chose parce que ça le rend ridicule. La plupart du temps, il arbore un air blasé, lassé, fatigué, comme si tout l'ennuyait quoi qu'il fasse. Un air je-m'en-foutiste, qui donne l'impression qu'il ne se soucie pas trop de ce qu'il se passe autour de lui. « J'écoute, j'écoute... » vous dira-t-il alors qu'il se posait des questions sur la migration des autruches pendant que vous lui parliez.

Mais ne vous souciez pas trop de cet air un peu stupide qu'il se donne. C'est vrai, il peut ne pas sembler très futé au premier abord, maladroit à cause de son air chétif. Fut un temps, il n'était pas très confiant, pas très habile avec sa magie, il avait peur de faire des bêtises, de se blesser lui-même, de ne pas être le meilleur. Mais... ce qui l'a toujours accompagné et caractérisé, c'est sa détermination sans faille, ses ambitions, son souhait d'atteindre la grandeur, l'excellence. Son souhait d'être fort et doué dans des choses différentes que ce qu'il avait apprit à faire sous l'obligation de ses parents. Son envie d'être le meilleur pour lui-même, son intelligence. Et c'est sans doute ça qui l'a fait aller chez Serpentard.  Léo a toujours été un garçon très futé, très réfléchi. Il a toujours fait preuve de ruse, et même lorsqu'il était petit il n'hésitait pas à se montrer fourbe et calculateur pour avoir ce qu'il voulait ou mettre des bâtons dans les roues de ses frères qui l'embêtaient.

Léo a toujours été doué pour beaucoup de choses. Autant pour des choses qu'il aimait faire comme des choses qu'il n'aimait pas faire. Non, ses parents ne le forçaient pas, du moins... pas directement. Ils étaient fiers de leurs enfants, fiers de leurs capacités exceptionnelles dans des domaines bien précis... et lui était le seul que ça n'intéressait pas. Lui il voulait jouer de la guitare, du piano, il voulait s'éclater en sport même s'il n'était pas très fort, inventer des histoires, s'évader ! Il voulait faire tout ce que ses parents n'appréciaient pas. Mais il était jaloux de voir ses frères idolâtrés et lui presque ignoré, et subissait une certaine pression. Même petit, il avait déjà le sentiment d'être la honte de sa famille parce qu'il s'était toujours senti différent. Il avait quelque chose en plus, quelque chose qui le distinguait d'eux parce qu'il n'avait pas la même façon de penser, pas la même ouverture d'esprit, pas la même manière de comprendre et de penser les choses. Alors fut un temps où il avait voulu les rendre fiers, regagner de l'estime pour qu'on le considère comme un vrai membre de la famille. Il avait fait beaucoup de choses qu'il n'éprouvait même pas l'envie de faire, ni le moindre intérêt. Pourtant, il le faisait. Et tout a basculé lorsque sa famille s'est rendu compte qu'il était un sorcier.
Au départ, ce n'était pas un garçon très fort en magie, il en avait même parfois peur, il ne la comprenait pas et se demandait s'il était vraiment un sorcier. Les commentaires des autres jouaient beaucoup sur son estime. Pourtant... il a toujours adoré la magie et ce qu'elle pouvait faire, même si elle le rendait différent. Après tout, il s'en moquait. Il voulait prouver à sa famille et aux autres qu'il pouvait être le meilleur, se prouver à lui-même qu'il avait les capacités d'être le meilleur malgré tout ce qu'on avait pu lui faire penser.

C'est vrai que si on compare le Léo de maintenant au Léo d'avant, il a pas mal changé. Plus jeune, il n'avait jamais été très ouvert aux autres, jamais très bavard. Il s'isolait, solitaire, préférant passer du temps à lire. Il n'aimait pas forcément étudier, et s'évader au travers de quelques lignes couchées sur du papier, pour quelques instants, l'a toujours fait rêver. Son imagination et la créativité qu'il possédait sont ce qui a fait hésiter le choixpeau quant à son dortoir. Malgré ce qu'on pouvait lui faire subir, les insultes qu'il entendait dire, il ne s'est jamais découragé. Il essayait de progresser, de s'améliorer en disant qu'un jour, lui, sorcier né de parents moldus, l'emporterait sur ceux qui le rabaissaient, leur faire  regretter tout ce qu'on lui avait fait. Il s'était parfois posé des questions sur sa nature, s'était demandé s'il méritait vraiment de tels pouvoirs. Il se disait souvent qu'il avait du mal à les comprendre.
Lorsqu'il a reprit un peu de confiance en lui, sa personnalité a commencé à évoluer, à le suivre et changer à mesure qu'il grandissait. Même si la compagnie du silence ne le dérange pas, il est bien plus ouvert qu'avant bien qu'il apprécie souvent se poser quelque part avec un livre ou toute autre chose, comme ses expérimentations bizarres de potions qu'il essaie de faire tout seul. Aussi, c'est un petit con, vous pouvez le dire. Il est têtu au possible ; quand il a raison, il a raison. Et il fera tout pour prouver que justement, il a raison. Il a un espèce de côté orgueilleux et prétention dont il est à moitié conscient, il adore se vanter de manière complètement exagérée. Même s'il n'en a pas toujours l'air, il prend son rôle de professeur très à cœur et se montre assez sévère ou chiant avec ses élèves. Tout dépend de son humeur. Autant il peut se contenter de les réprimander parce que quelque chose n'est pas bon, autant parfois, il peut passer des heures à faire des speech inutiles pour faire comprendre qu'un truc n'était pas bon, et ça agace les élèves. Ajoutez qu'il a un côté très taquin et parfois même un peu manipulateur.

Mais... même s'il ne le montre pas ouvertement, Léo a un côté incroyablement protecteur envers ses élèves. Il veille toujours à ce que l'ambiance de ses cours se passe bien, qu'il n'y ai aucun souci entre les étudiants. Il déteste les problèmes, déteste voir des personnes se faire rabaisser par d'autres sous prétexte qu'elles ne sont pas pareilles, qu'elles sont moins puissantes ou qu'elles ont des difficultés. Tout simplement parce qu'il l'a vécu. Parce qu'il n'en tire pas de bonnes choses. Alors il ne permettrait sous aucun prétexte que cela arrive. Il s'en voudrait si les problèmes d'un de ses proches l'emportaient, il s'en voudrait de savoir qu'il n'avait pas pu être là à temps. Souvent, à la fin des cours, il prends les élèves à part et leur explique calmement ce qu'ils ont raté, donne des conseils pour leur donner un moyen de s'améliorer. Et ça étonne de le voir si gentil et compréhensif, lui qui donne l'image de quelqu'un d'assez orgueilleux, blasé, et pas du genre à écouter les autres. En fait, c'est tout l'inverse. Même si à première vue, c'est dur de le savoir. Dans le fond, il a un côté si doux et si gentil qu'il serait capable de faire n'importe quoi pour aider ses élèves, protéger ceux qui comptent pour lui. Mais ça, il ne le reconnaîtra pas de vive voix. Il ne cesse de vouloir s'améliorer même s'il s'estime déjà assez fort. S'il devait de nouveau perdre quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'il aimait, il savait qu'il ne s'en remettrait jamais.

• Il a un chat noir et blanc très touffu qui s'appelle Harvey, qu'il surnomme parfois « couillon » ou « abruti » parce que c'est vrai qu'il n'est pas très futé. Mais au fond, il l'aime son chat
• Il est gay. Sa famille, ses proches un peu trop fermés lui répétaient que oui, les hommes sont faits pour se marier avec les femmes, c'est ce qu'on lui a toujours répété et qu'il pensait en étant enfant. Et quand il a découvert que les femmes ne l'intéressaient pas, quand il a comprit son attirance pour les hommes, au départ, il a eu très peur. Peur du jugement des autres, peur d'être toujours considéré comme différent parce que c'est ce qu'on s'acharnait à lui faire comprendre. Mais ça ne l'a jamais gêné que deux hommes ou deux femmes s'aiment. Pour lui cela n'avait absolument rien d'anormal et il n'aimait pas ces gens contre. Pourquoi on aurait pas le droit d'aimer quelqu'un du même sexe, de vivre heureux avec lui ? Mais grâce à son mentor, grâce à son meilleur ami, il a fini par l'accepter et s'affirmer. Cette attirance pour les hommes, il vivrait avec elle et ne pourrait pas la changer. Mais il l'aimait, cette attirance. Elle ne l'avait jamais dérangé et ne le dérangerait jamais
• Il est très, très doué en potion, ça a toujours été sa matière favorite et il prend un plaisir fou à l'enseigner. Il adore montrer ses talents, ce qu'il n'hésite jamais à faire
• Il mange beaucoup. Genre, vraiment beaucoup. Il mange parfois des quantités de nourriture qu'on pourrait trouver assez étonnantes vu la carrure qu'il a (c'est à dire assez frêle)
• Il joue de la guitare électrique, il adore chanter et il adore le rock et le métal sauf que sa voix se prête clairement pas à ce genre de style
• C'est un bon sportif même si on dirait pas, à première vue. Il adore le quidditch et il en faisait du temps où il était encore un étudiant. Il était batteur et ça l'amusait beaucoup
• Il adore lire, il aimerait bien savoir dessiner sauf que son niveau se limite à faire des bonhommes bâtons avec des cheveux. C'est pas forcément le mec le plus imaginatif du monde
• Il porte des lentilles de couleur pour assortir ses yeux avec ses cheveux. D'ordinaire, il a les yeux verts très clairs
• Il aime bien taquiner les autres professeurs, et il s'y prend tellement bien qu'on devine très rarement que c'est lui. Ou alors, on le traite juste d'enfant et on l'engueule un bon coup, ça ne l'empêchera pas vraiment de recommencer
• Des fois, quand il perd, il assume pas et il s'invente des excuses débiles parce qu'il admettra jamais qu'il a perdu. Excuses du genre « j'étais pas prêt, t'as commencé sans m'attendre », ou encore « j'ai pas fait exprès, c'est ta tête qui a visé mon ballon » dans tout sport impliquant une balle, aussi bien en quidditch qu'en dehors de Poudlard
• Déteste qu'on l'appelle Léopold, il râle tout le temps et fait semblant de rien entendre quand on l'appelle comme ça
• Il ne déteste pas les moldus, il les voit simplement d'un très mauvais œil depuis qu'il a découvert les partisans, mais encore plus depuis qu'il a apprit ce qu'il se cachait derrière leur façade de militants contre la magie. Il a beau être professeur a Poudlard, s'il peut les arrêter, alors il trouvera un moyen. Il est trop déterminé et confiant pour y renoncer, trop borné pour admettre que c'est impossible, surtout après ce qu'il a découvert
• Léo a parfois des énormes phases de déprime où il peut être inconsolable pendant des jours
Histoire
    Seul dans sa chambre, un petit garçon est assis sur le bord de son lit, tenant un livre dans ses bras. Âgé de dix ans, il semble assez chétif, et son regard concentré se noie dans les pages et les lignes qu’il découvre à mesure de son parcours. Isolé du reste de sa famille, il se sent apaisé. Ses yeux se lèvent doucement de l’ouvrage pour quelques secondes, tandis qu’il balaye sa chambre d’un air attristé. Il soupire. Il n’aime pas les livres de science et le violon qui reposent sur son bureau, écartés du reste de ses affaires. Il ne les trouve pas passionnants. Ils l’ennuient. Ses parents voudraient qu’il soit comme ses frères, qu’il devienne le meilleur. Il suffirait qu’il pratique encore plus pour le devenir, après tout, il était doué. Pourtant… il était déterminé, mais pas pour ces choses-là. Et malgré tous les efforts qu’il faisait pour rendre ses parents fiers, cela ne marchait pas. Il voulait tellement leur montrer qu’il pouvait être le meilleur, il voulait se le prouver à lui-même. Il se sentait étranger à sa famille, avec son père et sa mère qui étaient d’excellents avocats. Avec sa grande sœur qui était médecin et dont ils étaient toujours fiers malgré son départ lointain. Avec ses deux frères dont l’un était un musicien et futur scientifique extrêmement doué pour ses douze ans, et le plus grand des trois qui était un grand connaisseur de la politique et s’apprêtait à suivre le même chemin que ses géniteurs. Le petit Léopold, lui, ne voulait pas suivre ces chemins-là. Quelque chose criait au fond de lui qu’il n’était pas comme eux, et qu’il ne le serait jamais.
    Derrière sa porte, il entend une voix. C’est sa mère qui crie et qui s’en va. Ses parents partent, laissant la maison sous la responsabilité de son grand frère qui va sans doute venir lui créer des problèmes, encore une fois. Et l’autre va sans doute l’accompagner faire la même chose. Ils étaient immatures avec leur frère, pour des génies. Léo était toujours resté en retrait de sa famille, parce qu’il ne s’y était jamais véritablement senti à sa place. Il n’avait pas à subir la pression de ses parents pour avoir de très bonnes notes, car il en avait déjà. Pourtant, il subissait une pression constante ; celle d’être comparé à ses frères, d’avoir l’impression de décevoir. Du haut de ses dix ans, Léo était un garçon rêveur et futé. Il voulait jouer de la guitare, faire du sport, inventer des histoires.

    Alors que les minutes, et bientôt les heures passaient, ses frères ne vinrent pas frapper à sa porte.  Il en fut surpris, au départ, mais c’était un sourire victorieux qui avait fini par se dessiner sur son visage. Léo avait l’avantage d’être extrêmement rusé, aussi mettait-il souvent au point des stratagèmes en tout genre pour calmer les deux garçons. Stratagèmes qui pouvaient parfois être concoctés avec une fourberie étonnante pour un enfant de son âge. Léo avait aussi une grand sœur, mais cette dernière, âgée de seize ans de plus que lui, avait quitté la maison il y a déjà bien longtemps, à l'âge de vingt ans. À ce moment là, il n'était encore qu'un petit garçon de quatre ans. Sa sœur avait prit soin de lui plus encore que ses parents. Elle s'en était parfois occupé comme son propre fils alors qu'elle n'était pas sa mère. Si elle était restée plus longtemps auprès d'eux, il se serait sans doute senti beaucoup plus proche d'elle que de ses deux frères, qui lui tapaient sur les nerfs. Aussi bien mentalement que physiquement, il avait toujours ressemblé à sa grande sœur. Son visage, son attitude, sa carrure... il tenait son caractère introverti et sa douceur d'elle, de tout le temps où elle avait prit soin de lui. Maintenant qu'elle était lancée dans des études de médecine, elle était partie loin, vivait dans son propre appartement. Il se demandait parfois ce qu'il se serait passé s'il l'avait connue plus longtemps.
    Le livre que le jeune garçon lisait était assez épais. Il s'attaquait déjà à de gros livres malgré son jeune âge, ce qui avait tendance à en étonner plus d'un. Le manuscrit qu'il tenait entre ses mains parlait de magie. De personnes aux capacités surnaturelles qui s'alliaient pour vaincre un ennemi commun. La magie... des années auparavant, personne n'y aurait cru. Pourtant... elle existait bel et bien. Depuis plus d'un an déjà, son existence avait été révélée au grand jour, provoquant un chaos général et une vague de terreur. Il s'était posé beaucoup de questions à ce sujet, pour finalement se dire que ça ne le regardait pas. C'était un enfant. Et un enfant n'avait pas à se mêler de ce genre de choses, peu importe combien il était mature. Et puis, c'était un humain, pas un sorcier, alors il n'avait rien à craindre. Ce genre de chose ne le concernait pas. Ce n'était pas qu'il avait peur, il ne comprenait simplement pas. Il n'aurait jamais pensé que même un humain, un jeune garçon tel que lui né dans une famille complètement dénuée de pouvoir aurait eu la capacité d'en développer.
    Jusqu'à aujourd'hui.
    Ce jour où, il s'était retrouvé seul chez lui, avec ses frères, et qu'il avait cru être enfin en paix. Lui qui était constamment embêté et rabaissé, lui qui avait toujours du mal à lire en paix, il avait enfin cru que toutes ses fourberies avaient marché. Tandis que ses yeux couraient avec fascination sur les pages, on tambourina à la porte. Se crispant, le garçon ne répondit pas. On frappa plus fort. Toujours rien. S'il ne réagissait pas, peut-être que ses frères le laisseraient tranquille ? Il espéra. Mais il n'en fut rien. Le plus âgé des deux ouvrit brusquement la porte, qui explosa contre le mur dans un violent fracas. Ils se tenaient tous les deux sur le pas de la chambre, côte à côte, dévisageant le plus jeune avec un sourire sombre. Il voulut faire mine de les ignorer, mais l'un d'eux lança ;

-Léo, vient, on a quelque chose pour toi.

-C'est pour nous faire pardonner de t'embêter, même si tu sais te défendre, ajouta l'autre. Mais vient, il faut en profiter que papa et maman soient pas là.

    Sans dire un mot, il les fixa, le regard froid, et secoua négativement la tête. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'ils n'étaient pas sincères une seule seconde. Le jeune homme le comprenait. Il le voyait sur leurs visages. Il ne pouvait pas les croire. Alors, les deux garçons s'approchèrent et l'attrapèrent par les épaules. Ils n'eurent aucun mal à le traîner jusqu'à la porte. Son livre chuta contre le sol, rebondissant brusquement dans un sourd fracas. Il se débattit, mais leurs forces combinées l'empêchaient d'arriver à quoi que ce soit. Ils le propulsèrent dans le couloir, et il retomba à genoux, presque essoufflé. Alors qu'il se relevait péniblement, ils approchèrent dangereusement de lui. La colère bouillonnait à l'intérieur de Léo. Il n'y avait même pas la moindre ouverture pour lui permettre de foncer dans sa chambre. Ils obligèrent leur frère à reculer dans le salon, une vaste pièce proprement rangée et d'un luxe presque ridicule. Quelques vases étaient disposés ça et là, tandis que de petits objets en verre traînaient sur la table. Impossible de dire si Léopold avait peur. Mais ce qui était certain, c'était qu'il bouillonnait de rage. Lui qui pensait enfin leur avoir fait comprendre, lui qui pensait enfin être seul ! Il ne pouvait même plus reculer ni leur échapper. Ils étaient inquiétants, avec leur voile plein de mensonges sur le visage. Il se tint le bras, qu'il s'était cogné dans sa chute.

-Laissez... commença-t-il à murmurer alors que les deux adolescents se rapprochaient.

    Quand le premier essaya de lui saisir l'épaule, sans réfléchir Léo le frappa d'un coup sec de la main, bondissant en arrière.

-Laissez-moi tranquille ! Hurla le garçon.

   Un bris de verre insupportable se fit entendre, au moment même où Léo prononça ces paroles en libérant toute la rage qu'il contenait jusqu'à présent. Autour d'eux, les vases les plus fragiles et les petits objets de verre sur la table venait de se briser, répandus en morceaux sur le sol. L'air mauvais de ses frères s'était changé en un expression gorgée de terreur.

-Mais... qu'est-ce que t'as foutu ?! Cria le plus âgé.

    Léo ne répondit rien. Il profita de cette ouverture pour se précipiter dans sa chambre, fermant la porte à double tour et se laissant tomber sur le tapis. Lui aussi, il avait peur. Les vases, le verre... on aurait dit qu'ils avaient explosé par la seule force de sa colère, comme si ces simples mots qu'il avait crachés avaient été le déclencheur. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Se recroquevillant contre son lit, il essaya de faire le vide dans son esprit, de se calmer. Il fallait qu'il réfléchisse à ce qu'il s'était passé. Il n'y avait pourtant rien eu... pas de bagarre, pas de tremblement de terre, et il avait parlé à peine assez fort pour blesser les oreilles de ses frères. Un simple cri n'avait pas pu tout faire exploser, et surtout pas de cette manière. Alors qu'était-ce ? De la magie ? Impossible. Impossible, il n'était pas un sorcier. C'était un garçon comme les autres, il en était persuadé. Pourtant... il devait se rendre à l'évidence que c'était bien lui qui avait fait ça. Il respira un grand coup. Petit à petit, alors qu'il réfléchissait, cette peur se mua en curiosité. Et si il était effectivement capable de faire de la magie ? Cela l'avait toujours intrigué, et jamais terrorisé. Était-ce si terrible que ça, la magie ? Mais alors qu'il était perdu dans ses pensées, il remarqua que son livre n'était plus à ses pieds. Non. Son livre... il lévitait.

    Jusqu'à l'âge de onze ans, Léo n'en parla pas à ses parents. Mais il dut se rendre à l'évidence qu'il n'était pas comme les autres. Son pouvoir se manifesta de nouveau à plusieurs reprises, toujours de manière incontrôlée. Il avait de la chance de ne pas être remarqué. Ses parents commençaient à penser comme ceux qui se faisaient appeler les Partisans. Fort heureusement pour lui, ses frères furent tellement abasourdis face à la manifestation du pouvoir de Léo qu'ils ne dirent jamais à leurs parents que c'était lui qui avait fait explosé les vases. Depuis ce jour, ils cessèrent de lui causer des ennuis, lui donnant enfin la paix qu'il attendait. Son année se passa dans la tranquillité la plus totale, si on faisait abstraction des activités que le jeune homme continuait de faire sans le moindre plaisir. Il se demandait même à quoi cela servait. Il ne pratiquait pas souvent pour être aussi doué que ses frères, et il voyait bien que ses parents n'étaient pas fiers de lui. Ils avaient beau lui affirmer le contraire, Léopold savait que c'était faux. Mais il ne leur dit jamais rien. Il préférait garder les choses pour lui.
    Il reçut sa lettre d'admission à l'école Poudlard peu avant la rentrée de ses onze ans. Alors... alors c'était comme ça. Il était vraiment un sorcier. Lui qui était né de parents humains, dénués de capacités quelconques, était capable de faire la magie. Il... il avait du mal à y croire. Qu'en penser, au vu du mouvement des partisans ? Il n'avait pas d'autre choix que de montrer cette lettre à ses parents, ou jamais il ne pourrait partir. Et s'ils voyaient cela comme une blague ? C'était cependant un peu dur de ne pas y croire, avec la révélation de la magie. Il cacha cette lettre durant plusieurs jours, avant d'oser la présenter devant ses parents. Trop de questions se bousculaient dans sa tête, et il savait qu'il n'en obtiendrait jamais les réponses s'il n'allait pas là-bas. Lui, il y croyait dur comme fer. Il savait que ce n'était pas n'importe quoi. C'était sans doute pour lui une opportunité de changer d'air, de découvrir de nouvelles choses, et notamment d'en découvrir plus sur cette étrange magie tant redoutée par les non-magiciens. Ses parents avaient d'abord été bouche-bée. Eux aussi, ne savaient pas quoi en penser. Pourquoi leur fils avait-il caché cela pendant presque un an ? Ils n'étaient pas enchantés qu'il parte là-bas. Pas du tout. Pourtant... La réflexion fut longue. Intense. Oppressante. Et Léo n'en pouvait plus d'attendre. Quand la réponse fut finalement positive, une vague de soulagement déferla sur le jeune homme. Ce que ses parents pensaient de sa nature n'avait même plus d'importance à ses yeux. Il comptait simplement sur eux pour qu'il n'en parle à personne. Mais pouvait-il seulement leur faire confiance, même à ce niveau là ?

    Un sorcier eut la gentillesse de l'aider alors qu'il se retrouva seul à devoir faire ses achats pour partir à Poudlard. Il avait également récupéré tout ce qui lui aurait permit de se renseigner, d'en savoir plus sur le monde des sorciers et les créatures magiques, avec pour but de lire tout cela dans le train qui le conduirait jusqu'à l'école de magie. Durant la cérémonie de répartition, le choixpeau hésita longuement. Le garçon n'avait à ce moment là pas fait attention aux baragouinages du chapeau. Et, au bout d'un petit moment, le choixpeau finit par prendre sa décision. Léo irait à Serpentard. C'est vrai qu'il avait de l'ambition. Beaucoup d'ambition, même s'il ne laissait rien paraître. Son tempérament collait bien plus à l'esprit de ce dortoir.
    Pourtant, au départ, tout s'annonçait mal à ses yeux. Parce qu'il était né-moldu, il était mal accepté par certains, notamment des sorciers de sang-pur. Il avait aussi du mal à maîtriser la magie, à la contrôler, et cela lui valut des remarques et moqueries de la part de certains camarades de première année. Il eut du mal à s'entendre, à se faire des amis. Mais pendant un temps, cela ne fut pas vraiment sa priorité. Malgré tout ce qu'il pouvait subir, il était déterminé. Il avait toujours été studieux et doué, comme élève. Mais parfois, il doutait. Sa magie... méritait-il vraiment d'être un sorcier ? Il avait du mal à la contrôler, mais peut-être ne s'y prenait-t-il tout simplement pas de la bonne manière ? Pourtant, malgré tout, il adorait la magie. Il la trouvait fascinante et complexe, mais pas aussi dangereuse et terrifiante que les moldus le pensaient. Elle pouvait permettre de faire tant de choses ! Léo était admiratif, et il faisait tout ce qu'il pouvait pour s'améliorer.
    Il y avait un seul cours où il s'en sortait bien. Le cours de potions. Il s'était découvert une certaine facilité à maîtriser et à comprendre les choses, et il s'était très vite démarqué dans ce domaine, suscitant parfois la jalousie de ses camarades. Et... cela ne jouait pas vraiment en sa faveur. Il avait beau se défendre, faire ce qu'il pouvait pour s'imposer, les choses persistaient. Ses trois premières années à Poudlard ne furent pas vraiment faciles. Ils subissaient parfois des remarques, des moqueries, et les choses devinrent encore moins simples lorsqu'il comprit son homosexualité. Ça l'avait terrifié, au départ. Il n'avait jamais rien dit et pourtant, le bruit avait fuité. Si on ne lui faisait pas directement de remarques, certains y faisaient allusion et ça ne faisait que le mettre mal à l'aise. Il cherchait sa place au sein des autres, au sein de son dortoir. Il ne pouvait s'imposer que par la ruse, puisque la force brute ne marchait pas. Quand à ses parents... Léo les vit de moins en moins souvent. Parce qu'il avait bien comprit qu'ils n'aimaient pas du tout la magie. Il avait même choisi de rester passer ses petites vacances à Poudlard plutôt que chez lui.

    Au début de sa quatrième année, les choses commencèrent doucement à se bousculer. Les méchancetés, il avait apprit à les rendre à l'envoyeur et parfois, prenait plaisir à faire des fourberies à ses camarades. Il s'était un peu tiré de son introversion pour développer un côté assez râleur et plaintif, qui lui donnait l'air plus ouvert. Cela n'empêchait pas certains de s'attaquer à lui, mais beaucoup moins qu'avant ; Léo avait vraiment du répondant, et une fourberie qui parfois, piquait beaucoup. La maîtrise de la magie, quant à elle... ce n'était toujours pas vraiment ça. Mais il progressait ! Il n'était pas maladroit, simplement, il était trop vif et avait souvent du mal à la contrôler. Cette même année, il y eut un nouveau professeur de défense contre les forces du mal, le professeur Heldren. Il était vif et fougueux avec parfois un sale caractère, n'hésitant pas à remettre à leur place les élèves un peu trop turbulents ou mauvais. Le genre de prof avec qui on avait pas vraiment envie d'avoir des problèmes. Léo avait beau rester en retrait, assez fermé et râleur, il attira l'attention de ce professeur qui jugeait qu'il fallait qu'il essaie de s'ouvrir un peu plus aux autres. Il l'observait, parfois, et s'adressait même à lui lorsqu'il le croisait. Mais Léo restait Léo, le gamin râleur et fier un peu désagréable qui aimait bien rester tout seul. Alors souvent, ses tentatives de discussion avec le garçon ne menaient à rien. Mais... à force de persévérance, il finit par remarquer ses difficultés, qu'elles soient d'intégration ou qu'elles concernent la maîtrise de la magie. Et ce qui l'étonna c'était que malgré tout, le jeune homme avait une volonté de fer. Et c'est ça qui l'intéressa particulièrement. Et le professeur Heldren aussi, savait être particulièrement fourbe. Il finit par prendre Léo au dépourvu. Il voulait l'aider à s'affirmer un peu plus, à comprendre sa nature et à se canaliser, l'aider à maîtriser correctement sa magie.
    Et puis, il y eut Erwan. Erwan, c'était un garçon du dortoir des Poufsouffle, qu'il avait déjà croisé à plusieurs reprises et à qui il n'avait jamais adressé la parole. C'était le genre de garçon très gentil mais un peu benêt, assez doué et travailleur et qui avait plein d'amis parce qu'on le trouvait attachant. C'était presque comme s'il avait la capacité d'être ami avec tout le monde. Il s'entendait même avec certains élèves faisant partie de ceux qui avaient causé des problèmes à Léo. Il ne lui avait rien fait, pourtant ça ne l'empêchait pas de taper sur les nerfs du Serpentard sans même le vouloir, sans s'en rendre compte. Sa grande gentillesse et sa naïveté avaient tendance à légèrement agacer le jeune homme. Mais lorsque les choses se retournèrent vraiment contre ceux qui avaient plaisir à s'en prendre à Léo, ceux avec qui le Poufsouffle s'entendait bien, Erwan prit conscience de tout et essaya de se « faire pardonner » auprès du jeune homme. Quand il s'était présenté pour la première fois devant lui, celui qui ne voulait pas qu'on l'appelle Léopold l'avait dévisagé, incrédule.

-Tu n'as rien à te reprocher, avait-il grogné. Ta présence me dérange, c'est tout.

    Et il était parti. Sympa, le Léo.
    Ce n'est pas pour autant qu'il laissa tomber. Parce qu'il était déterminé à parler avec le jeune homme, à essayer de le comprendre un peu plus, lui qui était devenu un vrai mystère. Et autant dire qu'au départ, ce n'était pas gagné, avec un caractère aussi têtu que celui de Léopold. Souvent le jeune homme le renvoyait, l'ignorait ou se contentait de le laisser parler, l'écoutant à peine comme il savait si bien le faire. À cause de tout ce qu'on lui avait fait subir, il s'était braqué et, borné comme il pouvait l'être, il pensait à tord qu'Erwan était comme les autres. Il pensait que s'il se mettait à lui parler, tout ça se retournerait contre lui. Et c'est quand le jeune homme vint s'excuser devant lui qu'il regretta ce qu'il avait fait. Il accepta de lui parler un peu plus, de le laisser rester avec lui. Il apprit beaucoup de choses sur lui, notamment qu'il venait d'une famille de sang-mêlé et que le choixpeau avait énormément hésité sur l'attribution de son dortoir, n'arrivant pas à choisir entre Gryffondor et Poufsouffle, pour finalement l'envoyer dans le second. Ils finirent par beaucoup se rapprocher, alors qu'on aurait pu penser cela impossible en voyant l'attitude de Léo envers lui au départ. Mais au final, avec leurs caractères opposés, tous les deux se complétaient à la perfection. Ils se comprenaient, et Erwan était l'une des rares personnes avec le professeur Heldren à supporter le mauvais caractère du né-moldu. Certes, on entendrait jamais Léo dire à Erwan « je t'aime, tu es mon meilleur ami ! », mais il devait avouer qu'au fond, il l'adorait.

    Les deux adolescents quittèrent Poudlard avec un sourire de satisfaction sur les lèvres. Jamais ils n'auraient pensé que leurs dernières années se passeraient à merveille, surtout Léo. Il avait pleinement apprit à maîtriser sa magie et se débrouillait mieux que quiconque dans le domaine des potions. Il n'aurait jamais cru apprécier une matière à ce point. S'étant découvert une certaine attirance pour le sport, il était même devenu batteur dans l'équipe de Quidditch de Serpentard, rôle qui lui avait redonné beaucoup d'estime auprès des membres de son dortoir car, en plus de prendre énormément de plaisir à frapper dans des cognards sauvages et dangereux, il se montrait vraiment utile pour son groupe. Ce qui était amusant dans leur duo, c'était qu'Erwan était le plus costaud et pourtant, c'était celui qui ne faisait pas de sport, et il s'était même refusé à faire du Quidditch. En réalité, il avait pour projet de devenir écrivain, dès qu'ils quitteraient Poudlard. Et il était persuadé qu'il allait réussir. Des deux, c'était sans doute lui qui était le plus doux, le plus amical. Plus grincheux que Léo, on pouvait pas.
    Le professeur Heldren fut une aide précieuse pour les deux garçons. Il continua de leur apporter de l'aide même après qu'ils aient quitté Poudlard, jusqu'à ce qu'il juge qu'il n'avait plus rien à leur apprendre. Le processus pour devenir un animagus fut une sorte d'entraînement, de test final. Erwan n'eut pas le courage de tenir jusqu'au bout, mais Léopold réussit avec brio. Peu après, le professeur avait quitté son poste à Poudlard, le laissant à un autre professeur, pour partir voyager. Il promit aux garçons de leur donner des nouvelles dès qu'il pourrait.
    Léo savait que ses parents étaient rangés du côté des Partisans. C'est pour ça qu'il n'est jamais retourné chez eux, après Poudlard. Il les avait toujours entendu parler de la magie avec dédain, mépris, et savait que son père comme sa mère le voyaient d'un très mauvais œil. Il supposait même, non, il était certain que sa nature avait beaucoup joué sur leur point de vue, eux qui n'avaient jamais été fiers de leur fils. Eux qui n'avaient jamais voulu reconnaître ses véritables qualités, le comparant sans cesse à ses grands frères.
    Pendant les années qui suivirent Poudlard, Léo... retrouva sa sœur. C'était lui qui était venu à elle. Ils ne s'étaient pas vus depuis près de quinze ans. Ils ne s'étaient plus jamais adressé la parole depuis le jour où elle était partie. Et il devait reconnaître que sa sœur lui manquait terriblement, lui qui aurait tant voulu apprendre à la connaître plus. Il avait eu beaucoup d'appréhension, s'était posé tellement de question. Est-ce qu'elle aussi, elle détestait la magie ? S'était-elle rangée du côté des Partisans ? Que pensait-elle de tout cela ? Accepterait-elle seulement le fait que son petit frère soit un sorcier ? Au départ, elle ne l'avait pas reconnu. Il avait beaucoup grandi, depuis toutes ces années de séparation. Mais dès qu'il s'était présenté à elle, dès qu'elle avait réfléchi, elle l'avait attrapé dans ses bras, et serré longuement contre elle. Une sorte de mélancolie les avait envahis, tous les deux. Ils étaient submergés, enveloppés par le bonheur de se retrouver. Et à sa sœur, il avait tout raconté. Parce qu'elle n'était pas du côté des Partisans, parce qu'elle lui avait promit de l'écouter et qu'il lui faisait confiance. Bien plus confiance qu'à ses parents ou ses frères. Elle ne détestait pas la magie. À vrai dire, elle la trouvait bien plus curieuse et intéressante qu'effrayante. Alors, elle qui vivait seule, elle l'invita à rester chez lui. Elle voulait rattraper le temps qu'ils avaient perdu pendant toutes ces années. Et elle proposa même à Erwan de rester, parce qu'elle avait comprit qu'il ne voulait pas se retrouver loin de son meilleur ami. Et les supplications silencieuses de son frère avait beaucoup joué sur sa proposition, elle n'hésita même pas à le taquiner à ce sujet.

    Ces années furent remplies de bonheur.
    Des années véritablement heureuses pour le jeune homme, qui vivait auprès des deux personnes qu'il aimait le plus. Sa sœur, Léona, et Erwan, qui resta son meilleur ami. Pour rien au monde il ne se serait séparé de lui, parce qu'il y tenait beaucoup trop. Léona avait un sacré caractère malgré sa douceur, un de ses passe-temps était d'ailleurs d'appeler son frère Léopold parce qu'elle savait justement qu'il détestait ça. Quand à Erwan, il avait atteint son objectif. Il avait réalisé son rêve de devenir un écrivain. Il fallut du temps au jeune homme avant de se faire un vrai public, mais grâce au soutient de ses deux proches, il tint bon. Ses livres furent de plus en plus appréciés, il devint vite reconnu. Peu avant la rentrée scolaire, à l'âge de ses 24 ans, on proposa même à Léo le poste de professeur de Potion à Poudlard, grâce à la notoriété qu'il avait acquise et aux grandes capacités qu'il possédait dans ce domaine. Il en fut extrêmement fier et ravi. Tous les trois se tenaient neutres, à l'écart des actions des Partisans. Ils ne se mêlaient de rien, se contentaient de vivre leur vie ensemble, heureux comme ils étaient.

    Alors, pourquoi ?
    Pourquoi le bonheur, le bonheur simple devait-il toujours être bouleversé ?

    C'était un jour où Erwan et lui pensaient être seuls. Ils avaient voulu s'exercer dans un endroit un peu isolé des autres, un endroit où ils étaient sûrs de ne pas être trouvés ni dérangés. Ils avaient voulu s'entraîner à la pratique de la magie, notamment Léo qui craignait d'être rouillé lorsqu'il commencerait à enseigner à Poudlard. La rentrée avait beau être encore loin, plus les jours passaient, plus Erwan était attristé à l'idée de voir son ami s'éloigner ; alors, il voulait profiter de tout le temps qu'il lui restait avec lui jusqu'à ce qu'il parte. Ils étaient réellement inséparables, tous les deux. Mais... le destin était parfois d'une cruauté sans faille.
    Un groupe de sympathisants Partisans qui suivaient leur idéologie les avait remarqués. Au départ, il n'avait pas agi. Mais... ce n'était pas dans le but de mesurer leur dangerosité ; leur but était simplement de les attraper au moment où ils s'y attendaient le moins. La magie devait disparaître, peu importe comment elle se manifestait. Ils étaient peu, mais étaient un groupe de Partisans extrémistes et solidaires, voulant à tout prix se débarrasser de la magie. Des Partisans rendus presque fous par les idéaux qu'ils admiraient. Ils étaient prêts à employer tous les moyens possibles si cela leur permettait de l'anéantir et de servir leur cause, d'apporter de l'aide. Alors, ils avaient attaqué les deux garçons en profitant d'un moment de distraction de ces derniers. Ils n'avaient rien vu venir. On ne leur laissa aucun répit. Pas le temps de se débattre, pas le temps de réagir. Pas le temps de se défendre ou de s'enfuir. Léo se souvenait du corps de son meilleur ami s'effondrant devant lui, puis du sien qui vacillait. De ses yeux qui se refermaient, de sa vision qui se troublait, de la douleur qui lui lancinait le crâne. Puis, plus rien. Seulement le vide, dominant son esprit.

    Ce fut la morsure du froid qui le tira de son sommeil. Son corps tout entier était engourdi, il ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. Où est-ce qu'il était ? L'endroit était sombre, à peine éclairé. Sans doute un sous-sol. Il avait essayé de se mouvoir, mais la douleur qui avait envahi sa tête le tiraillait et... il était incapable de bouger ses jambes comme ses mains. Des liens les retenaient, solidement et fermement. Il ne pouvait pas réfléchir, il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ses pensées. Il était seul. Toute son inquiétude se dirigeait vers son meilleur ami. Où était-il ? Était-il toujours envie ? Il ne pardonnerait jamais qu'on lui fasse du mal.
    Dans le noir, une ombre se dessinait. Il s'était rendu compte que quelqu'un le surveillait, attendant probablement son réveil. Qu'est-ce qu'on lui voulait ?
    L'homme s'était avancé vers lui, quelque chose dans la main. Mais impossible pour Léo de deviner de quoi il s'agissait. Les paroles de l'inconnu lui permirent de comprendre, dès les premiers mots qu'il avait prononcés.

« Vous êtes des sorciers. Vous et votre magie devez être détruits. »

    Un Partisan. Ou du moins, un homme qui suivait leur idéologie. Et il n'était pas seul. La panique s'était emparé de Léo. Quelqu'un... quelqu'un était sans doute entrain de s'en prendre à Erwan. La volonté de fer du jeune homme lui permettait de tenir sans défaillir, mais ce n'était pas le cas de son meilleur ami, qui pouvait déchanter très vite. Il n'y avait plus que la peur. Et la douleur.
   Les choses durèrent pendant près de trois jours. Trois jours de souffrance, d'incertitude, d'inquiétude, trois jours où il tenait face aux partisans grâce à sa volonté de fer. Il ne savait pas où Erwan était ni même s'il le reverrait. Était-il loin de lui ? Étaient-ils au même endroit, dans des pièces différentes ? Comment s'enfuir, il était constamment surveillé. Il y avait toujours un homme pour s'assurer qu'il ne s'échappe pas, un homme pour resserrer ses liens ou le sonner afin qu'il ne se libère pas. Quand allaient-ils partir, ne serait-ce que pour quelques heures, ou même quelques minutes ? Il avait un plan pour filer, cependant... impossible de le mettre en application. Il était épuisé, et la boisson qu'on lui faisait boire l'alourdissait, brouillait ses sens. On lui donnait ça en accompagnement d'un maigre repas. Durant ces trois jours, on lui avait répété que la magie devait disparaître et les sorciers avec, qu'ils étaient dangereux et ne méritaient pas de vivre. Qu'ils étaient une erreur, qu'on s'en débarrasserait de toute manière. Mais Léo avait un sale caractère et il ne se laissait jamais démonter, peu importe ce qu'on pouvait lui faire endurer après. Il répliquait, crachait, ironisait... à quoi bon montrer de la peur si ça ne faisait qu'aggraver les choses ? Alors il se défendait et montrait qu'il se fichait bien de leurs méthodes, de leurs techniques pour l'intimider, et qu'il n'allait sans doute rien lâcher.
    Au bout du troisième jour, l'homme qui surveillait Léo s'absenta, et l'ancien Serpentard s'était juste recroquevillé sur lui-même, l'air lassé, comme s'il attendait quelque chose. Il avait le désagréable sentiment de perdre la notion du temps à mesure qu'il restait enfermé ici, dans un noir presque complet. Alors il attendait, il attendait simplement que quelque chose se passe. Pourtant, au bout de ce qui lui sembla durer quelques minutes... personne ne revint. Peu avant, il avait cru surprendre des bribes de conversation signalant un départ, mais il n'avait pas voulu y croire. Mais à mesure de l'écoulement des minutes, il réalisa qu'il n'y avait toujours personne. Une lueur fourbe se mit à briller dans ses yeux, vides et éteints jusqu'à présent. Aujourd'hui, on ne lui avait encore rien fait. Pas donné de coup ni de repas, il n'avait rien avalé. Il se sentait mieux, sentait son corps moins lourd. Il n'avait plus qu'à espérer que son plan fonctionnerait. Le temps lui était compté. Il avait toujours mal au crâne, alors la concentration serait sans doute requise, mais c'était toujours mieux de tenter. Il voulait juste sortir de là et retrouver son meilleur ami.
    Léo prit une grande inspiration. Doucement, il essaya de visualiser dans son esprit l'image de son animal le plus précisément possible. Une douleur lui traversa le crâne, il grimaça en jurant. Il soupira de nouveau, essayant de reprendre son calme et sa concentration. Doucement, la transformation opéra. Il se sentit plus léger, tandis que les cordes se détendirent et glissèrent le long de ses pattes. Les cordes n'étaient pas assez serrées pour retenir ses pattes, autant avant qu'arrière, maintenant qu'il s'était changé en renard. Le gabarit n'était plus vraiment le même. Il huma l'air de son museau, air qu'il sentait lourd et humide. Doucement, poussant un petit couinement alors qu'il s'étirait, il se mit à trottiner, se fiant à ce qu'il sentait. Il fallait qu'il retrouve sa baguette. Avec un peu de chance, on ne lui aurait pas brisée... même s'il ne comptait pas trop là-dessus. Oreilles dressées, il grimpa l'escalier en se faufilant au travers de la porte entre-ouverte. Les imbéciles. Ils pensaient vraiment que Léo était sans plan, sans défenses au point de ne pas verrouiller les portes ? Sa tête était pleine de pensées sarcastiques. Certains de ses pas lui étaient douloureux, il portait toujours les coups qu'il avait prit. À son grand soulagement, il n'y avait plus personne. À l'étage, il réalisa où il était. La pièce était tout aussi sombre et il se dégageait une désagréable odeur de renfermé. À voir l'agencement de l'endroit, il se trouvait probablement dans une maison miteuse et abandonnée depuis des lustres. Une véritable ruine. Toujours sous sa forme animale, Léo fouilla chaque recoins de la bâtisse le plus vite possible, déterminé à trouver sa baguette. L'idée lui vint d'éventrer une sorte de sac en plastique pas très solide, posé dans un coin un peu reculé. S'il n'avait rien trouvé jusqu'à présent, pourquoi ne serait-elle pas là-dedans ? Tout un tas de déchets roula aux pieds de Léo, qui bondit soigneusement en arrière avec une pensée dégoûtée. Mais... il trouva ce qu'il cherchait. Deux baguettes, dont l'une avait été brisée. Celle d'Erwan. La sienne était toujours intacte. Il grogna, et récupéra la baguette entre ses petits crocs. Son inquiétude revint quand il réalisa qu'il ne trouvait son ami nulle-part. Pour le moment, le bâtiment était vide, il n'y avait plus personne, mais ses occupants n'allaient sans doute pas tarder à revenir. Il fallait qu'il se dépêche. Par miracle, la porte n'était pas non plus verrouillée. Dans son esprit, Léo traitait ceux qui l'avaient enfermé d'incompétents complètement décérébrés qui disaient de belles paroles mais n'avaient pas les tripes d'aller jusqu'au bout des choses.
    Sa « prison de fortune » était perdue au cœur d'une petite forêt. Le jour s'était probablement levé depuis longtemps déjà. Le vent était frai, le ciel gris, sans nuage. Dissimulé entre deux troncs d'arbre, il y avait un petit bâtiment, une sorte de cabane tout aussi miteuse. Le renard galopa jusqu'à ses pieds. C'est devant cet endroit qu'il reprit forme humaine, baguette à la main. Il n'était pas dans le meilleur état du monde ; ses vêtements étaient sales et déchirés à certains endroits, et son corps et son visage étaient couverts de blessures. Certains de ses membres le tiraillaient encore. Au fond de lui, il espérait que son meilleur ami était à l'intérieur. Il effectua le sortilège de déverrouillage afin de pouvoir défaire le verrou de la petite cabane, qui finit par coulisser lentement. Il ouvrit la porte avec prudence. Lorsqu'il retrouva Erwan face à lui, il ne sut pas s'il devait être soulagé ou paniqué. Le jeune homme était bien là, bien vivant. Pourtant... son corps à lui aussi était couvert de blessures, et il était dans un état encore plus lamentable que celui de l'animagus. Il semblait à moitié sonné. Le cœur du jeune homme se serra. Il se précipita vers lui et retira non sans mal les liens qui le maintenaient prisonnier, avant de tenter de le relever. Il tremblait.

-Bordel Erwan, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Cracha-t-il, haineux.
Pouvoir
Un peu après ses dix-huit ans, Léo est devenu un animagus. Il est capable de se changer en renard. L'idée l'attirait au départ mais le processus l'avait toujours fait hésiter, car c'était long, complexe, fastidieux. Son mentor l'y a un peu poussé, lui disant que ça lui servirait d'entraînement (sans oublier la petite frappe dans l'égo disant qu'il n'arriverait à rien d'autre s'il n'y arrivait pas). Alors tout comme son meilleur ami, il a commencé à suivre la procédure qui permettait de devenir un animagus. Mais contrairement à Léo, son meilleur ami n'a pas tenu jusqu'au bout. Il a échoué, s'est découragé, a abandonné.
La première transformation a complètement terrorisé le garçon. La douleur endurée lui avait été si insupportable que pendant un temps, il avait catégoriquement refusé de se transformer de nouveau. Encouragé par son mentor, il avait petit à petit accepter de recommencer à se transformer et il ne ressentit pas la douleur de la toute première fois. Au bout de neuf ans désormais, il faut dire qu'il maîtrise plutôt bien la transformation, qui ne lui fait strictement plus peur.
Il lui arrive parfois de se changer en renard pour se promener dans les couloirs de l'école, pour observer les élèves. Il est si discret et agile qu'en général, il passe inaperçu.
Sushi
Je suis une personne.
...
Non en vrai, pour ceux qui me connaissent vous me connaissez sous le nom du Sushi originel mais pour ceux qui me connaissent pas, vous pouvez m'appeler Sushi ou Lyra si vous voulez. Je suis en L aussi c: j'ai beaucoup hésité pour ce personnage, j'ai galéré à trouver son vava toussa... mais j'ai ENFIN un concept qui me plaît donc en espérant qu'il vous plaira quand la fiche sera toute finite !! (j'adore jouer des abrutis)
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Léo D. Michelis
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Sam 8 Déc - 15:46

Histoire Suite
    Son ami ne répondit rien. Il se contenta de l'observer avec un regard perdu. Intérieurement, Léo se tordait de douleur. Toute la détresse de son meilleur ami se lisait sur son visage.
    Il fallait qu'ils sortent d'ici.
    Ils mirent du temps à retrouver leur chemin. Au départ, Léo devait aider son ami à se déplacer, car il se sentait mal et tenait à peine debout. Le jeune homme se sentait éprouvé, à bout de force. Mais il devait tenir bon. Ils n'étaient sans doute pas bien loin de l'endroit où ils se trouvaient avant de s'être faits attraper. Léo ne savait pas s'il pouvait appeler cela de la chance ou un miracle, mais ils ne croisèrent personne, aucun de leurs ravisseurs. Mais au vu de la situation, il ne se serait certainement pas gêné pour leur régler leur compte. Il n'aurait sans doute pas aidé la réputation des sorciers en faisant cela, mais sans doute les choses n'auraient-elles pas importé dans un moment pareil. S'il s'était retrouvé nez à nez avec eux, il les aurait frappés, torturés jusqu'à ce qu'ils regrettent leurs actes, jusqu'à ce qu'ils regrettent de s'en être pris à eux, à lui, à son meilleur ami qui n'avait rien demandé. Il l'aurait probablement fait sans le moindre remord. Pourquoi aurait-il quelque chose à se reprocher ? Il n'avait strictement rien fait, dans cette histoire. Le désir d'anéantir la magie pouvait rendre certains partisans fou a un point pareil ? Enfin, fous... toujours est-il que ceux-là sous-estimaient beaucoup les sorciers.  
    Léo ignorait combien de temps ils avaient mit pour retrouver leur chemin. Erwan avait fini par se reprendre, insistant pour marcher de lui-même malgré l'état dans lequel il était. Ils avaient retrouvé la petite clairière où ils s'étaient entraînés précédemment et avaient retracé leur chemin à partir de cet endroit. Ils rentrèrent chez eux à la tombée de la nuit. Ils étaient sonnés, à bout de force, presque incapables de parler alors que leurs muscles les tiraillaient. Erwan n'avait pas prononcé un mot. Son regard était vide, fatigué, désespéré. Léo était celui qui avait gardé le plus de contenance. Du duo, c'était celui qui avait toujours eu le plus de répondant, qui avait toujours su tenir tête et qui avait suffisamment de confiance en lui pour ne pas se laisser impacter par les autres. Et tout cela, il le devait à son caractère et au professeur Heldren, ancien Gryffondor qui aurait tout aussi bien pu être un Serpentard. Ce n'était pas le cas d'Erwan. Il était trop gentil et bien plus fragile, les paroles et les actes avaient un impact bien plus fort sur lui que sur son meilleur ami. Léo était terrifié quant à ce qu'ils lui avaient fait.
    Léona les avait retrouvés devant chez elle, soulagée qu'ils soient de retour. Elle avait attrapé les deux jeunes hommes dans ses bras, avant de les regarder avec un air terrifié avant de réaliser qu'ils étaient sacrément amochés. Léo avait insisté pour qu'elle s'occupe d'Erwan, prétextant que lui allait bien. Il n'arrivait presque plus à bouger sa main gauche qui lui faisait horriblement mal, mais il allait bien. Mais sa sœur aussi têtue que lui ne lui avait pas laissé le choix. À ce moment là, il n'avait même pas eu la force de lui tenir tête. Il n'en pouvait simplement plus. Tout son être bouillonnait de haine. Il avait l'impression que toute son énergie l'avait quittée.
    Au vu de leurs blessures, la jeune femme avait insisté pour les conduire à l'hôpital afin de pouvoir les examiner de manière bien plus précise. Léo avait eu le poignet légèrement fracturé. Erwan n'avait rien de véritablement cassé mais on lui avait blessé la jambe, d'une manière que Léo aurait qualifiée de sauvage. Ils purent partir au bout de quelques jours, lorsqu'on fut assuré qu'ils ne risquaient plus rien. Impossible de retrouver ceux qui les avaient capturés. De cette expérience, le Serpentard avait gardé une colère profonde et indescriptible. S'il revoyait ces hommes, il les tuerait. Il en était certain. Aucun réel trouble psychologique ne s'était fait ressentir, lui qui leur avait tenu tête pendant toute sa captivité et qui ne s'était jamais démonté.
    Mais Erwan en était ressorti complètement brisé.
    Léo ne sut jamais ce qu'on lui avait fait. Erwan lui-même disait n'avoir que de flous souvenirs. Mais ils avaient sans doute usé de torture, psychologique comme physique, pour qu'il se soit retrouvé dans un état pareil. Sa joie de vivre, sa naïveté... tout avait disparu. Envolé. Comme s'il les avait perdues et ne les retrouverait jamais. Il était devenu triste, terrifié pour un rien, il se rabaissait souvent et osait faire très peu de choses. Il n'écrivait plus. Il disait qu'il n'en avait plus la force. Léo et sa sœur faisaient de leur mieux pour l'aider, pour lui redonner du courage, mais il semblait ne vouloir rien entendre. Léo et sa sœur restaient constamment à ses côtés. Parce qu'ils avaient peur pour lui et qu'il avait déjà manqué de mettre fin à ses jours, à plusieurs reprises. Il n'avait même pas souhaité récupéré de baguette alors qu'on avait brisé la sienne. Tout ce qu'il avait pu dire à son ami, c'était qu'il ne méritait pas d'être un sorcier et que les partisans avaient sans doute raison. Peut-être ne devraient-ils pas exister, après tout. Et ces mots avaient attisé la haine que Léo portait dans son cœur.

    Erwan semblait aller un peu mieux le jour où Léo fit sa rentrée en tant que professeur de potions à Poudlard. L'ancien Poufsouffle se rabaissait moins, était moins refermé sur lui-même. Léopold était persuadé qu'il reprenait petit à petit ses esprits et que doucement, qu'il commençait à se remettre de ce qu'on lui avait fait. Il se faisait moins de soucis pour son ami, et savait que sa sœur serait là pour veiller sur lui. Il avait confiance. Il comptait prendre des nouvelles régulièrement pour être sûr que tout allait bien. L'anxiété restait toujours cachée dans un coin de son cœur, mais il put partir un peu plus serein.
    Il fut bien accueilli en tant que nouveau professeur de potions. Ses capacités lui permirent de s'en sortir facilement, et il enseignait déjà avec une certaine assurance. Aucun doute que Léo ne doutait pas de ses capacités. Il avait beaucoup d'affinités avec la magie, les potions plus encore. Quelques jours s'écoulèrent, durant lesquels le jeune homme n'eut pas vraiment le temps de donner des nouvelles. Une fois qu'il fut plus posé et eu son temps libre, il avait commencé à écrire une lettre dans laquelle il racontait ses premiers jours, ses impressions sur les élèves, les autres professeurs, sur son métier, comment il se sentait maintenant... un sourire étirait ses joues tandis qu'il couchait tout son ressenti sur le papier. On vint lui apporter une lettre alors qu'il écrivait toujours. Elle venait de sa sœur. Un mauvais pressentiment l'envahit, alors qu'il ouvrait soigneusement ce qu'il avait entre les mains. Il ne savait pas pourquoi mais il appréhendait la lecture. Doucement, il lit la lettre, mot par mot. Elle n'était pas très longue, mais elle était claire.

Bonjour Léo.
J'aurais aimé ne jamais avoir à t'envoyer cette lettre. Jamais. Mais j'ai pas le choix de le faire. Tu viens à peine de devenir professeur et tu n'as besoin que ça vienne peser sur ta conscience. Il y a deux jours en rentrant du travail, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas un bruit dans la maison. L'atmosphère était morbide et Erwan n'était pas venu me saluer comme il le faisait tout les soirs. J'ai supposé qu'il était sorti, ce qui est rare venant de lui mais aurait pu arriver. Je suis quand même montée dans sa chambre histoire de... m'assurer qu'il était bien parti ou même encore dans sa chambre. Mais la porte était verrouillée. C'est là que j'ai commencé à m'inquiéter. J'ai récupéré le double des clés de la chambre et je l'ai ouverte et... je l'ai trouvé.
C'est pas facile à dire Léo. Je n'ai pas envie d'être brusque, mais il faut que tu le saches. Erwan est parti Léo. Définitivement.

   Il restait quelques lignes. Mais Léo n'eut pas envie d'en lire plus. Ces mots suffirent amplement. Des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues, et il tremblait tellement qu'il n'arrivait même plus à tenir la feuille. Il ne voulait pas y croire. Il ne pouvait pas y croire. C'était impossible. Pas Erwan. Pas son meilleur ami. Lui qui était toujours si joyeux, si positif, qui avait la conscience bouleversée, Léo avait toujours espéré qu'il s'en remettrait, il en avait toujours été certain même. Alors... pourquoi ? Qu'est-ce que ces extrémistes avaient bien pu faire au point de le pousser au suicide ? La lettre finit par glisser des mains de Léo, venant se poser à ses pieds. Il avait le regard vide, complètement désespéré, perdu. Comme s'il tentait de se convaincre que c'était faux et que tout ça n'était juste qu'une mauvaise blague de sa sœur. Mais c'était impossible. Comment... comment n'avait-il pas pu voir qu'Erwan était mal à ce point ? Il s'était jugé suffisamment présent pour lui et pourtant, les choses prouvaient que ce n'était pas le cas. Pas du tout. Il avait la douloureuse sensation que son cœur s'émiettait, se déchirait en un millier de petits morceaux. Comment n'avait-il pas pu remarquer que son ami souffrait à ce point ? Peut-être aurait-il mieux fait de rester avec sa solitude ? Peut-être que s'il n'était pas parti à Poudlard Erwan serait toujours là ?
    Reprendre les cours à l'école de magie fut extrêmement difficile pour Léo, après l'enterrement de son meilleur ami. Il était mou, démotivé, se perdait parfois dans ses explications et tentait de ne rien laisser paraître. Il craquait souvent lorsqu'il était tranquille, seul, loin de ses élèves. Il ne voulait pas qu'on le voie dans un état pareil, qu'on aie pitié de lui. Il était trop fier pour se permettre de laisser les autres le voir dans une position de faiblesse. Il était inconsolable. Il ne sait pas par quel miracle le destin voulu que le professeur Heldren le retrouve à ce moment là. Cet ancien professeur de défenses contre les forces du mal était de simple passage à l'école de sorciers, et il avait finit par croiser Léo au détour d'un couloir, par le plus grand des hasards. Il l'avait salué d'un sourire et, à son grand désarroi, le jeune homme l'avait presque ignoré, troublé. Impossible de savoir ce qui lui était arrivé, et ça perturbait Heldren. Qui, comme la première fois qu'il avait rencontré Léo, l'avait suivi jusqu'à pouvoir se retrouver face à lui sans lui laisser la possibilité de fuir. Agacé, le jeune homme avait croisé les bras et lui avait fait face.

-Qu'est-ce que vous voulez ? Je n'ai pas tout votre temps, j'ai des cours à donner, Heldren.

    L'homme soupira.

-Déjà, bonjour Léopold et félicitations pour ton poste de professeur.
 
    Face à cette appellation, Léo tiqua.

-C'est Lé... commença-t-il en grognant.

-Je sais. Mais ça m'est égal. Tu peux m'expliquer ce qu'il t'arrive ? Non pas que tu ne sois jamais désagréable mais... tu avais l'air troublé et perdu.

-En quoi ça vous regarde ?

-Tu étais mon élève, j'ai bien le droit de savoir ce qu'il t'arrive. Je te connais suffisamment pour savoir que tu caches quelque chose. Rien de ce qui se dit ici ne sortira d'entre ces murs.

    Le silence entre les deux hommes dura quelques secondes. Quelques secondes avant que la carapace de Léo ne finisse par éclater, causant un profond désarroi chez son interlocuteur qui s'était précité vers lui. Il lui expliqua la mort d'Erwan, la culpabilité qu'il éprouvait, ce qu'ils avaient vécu durant les vacances d'été et qui avait changé son ami. Ils murmuraient des choses incompréhensibles, n'arrivait même plus à aligner de simples mots. Il avait gardé sa peine un peu trop longtemps dans son cœur et elle avait fini par se libérer. Le jeune homme avait rendu Heldren paniqué, lui qui d'ordinaire était si calme et impassible avec toute forme de sentiments. L'ancien professeur de défense contre les forces du mal l'avait attrapé par les épaules, tentant de le calmer.

-Léo, Léo je t'en supplie ressaisit-toi ! Arrête de te rejeter la faute dessus, tu n'en es pas responsable ! Je suis certain que tu as fait tout ce que tu pouvais pour lui mais malheureusement, parfois, ça ne suffit pas et ça pourrait même ne jamais suffire... tu n'es pas coupable de sa mort. Ne te lamente pas, je suis certain qu'Erwan ne voudrait pas te voir dans cet état là. Relève toi et vis pour lui, ne t'appitoye pas sur ton sort. Je suis sûr qu'il ne le voudrait pas.

    C'est grâce au soutient du professeur Heldren et de sa sœur que Léo parvint à se ressaisir. Il lui fallut du temps avant de se remettre de la mort de son meilleur ami, et encore aujourd'hui il lui arrive d'y repenser et d'aller mal. Mais sans eux, il n'irait sans doute pas aussi bien que maintenant. Il a passé quatre ans en tant que professeur de potions à Poudlard, et aujourd'hui il enseigne encore au même poste, devenu il y a peu le référent du dortoir Serpentard. Il n'a jamais retrouvé les moldus qui s'en étaient prit à son meilleur ami. Mais il était déterminé. Le jour où il les retrouverait, il était certain de leur faire regretter leurs gestes, peu importe ce que l'on pourrait penser. Il voulait juste... se venger. Venger la mort de son meilleur ami. Sans pour autant s'en mêler, il se méfiait des partisans maintenant qu'il avait vu ce que des extrémistes étaient capables de faire. Il était incapable de leur faire confiance. Quand à sa famille... hormis sa sœur, il n'avait plus aucune nouvelle d'eux. Il les savait du côté des Partisans et avait décidé de couper tout contact avec ses parents. Ils n'avaient jamais été fiers de lui, de toute manière. Il ne s'était jamais senti à sa place dans sa famille, alors à quoi bon ?
    Même s'il va bien mieux, il n'y a pas un seul jour où Léo ne pense pas à son meilleur ami. Parce qu'il doit admettre qu'il lui manque beaucoup. Il regrettait même l'attitude hautaine et mauvaise qu'il avait parfois eu avec lui lorsqu'ils avaient commencé à se parler. Il est heureux de tout ces instants qu'il a pu passer auprès de lui et il attends l'opportunité de se venger. Il s'en voulait, parfois. Il aurait simplement voulu... qu'il soit toujours près de lui.
Fini !
J'ai enfin fini mon perso, je me permet de poster la fin de la prez ici parce que ça passe pas quand j'édite ma fiche de base, c'est beaucoup trop long ;;
J'ai juste rajouté 2/3 trucs dans le caractère, sinon tout est tout bon j'ai fini !
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