Et là, c'est le drame. [pv Eugeo]

Nofirstname Hills
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Lun 29 Oct - 22:05

-Je n’irai pas.

La réponse de Nofirstname est aussi tranchante que sèche. Encore occupé à ranger ses affaires dans sa chambre, tout juste retrouvée après plusieurs années, il ignore purement et promptement son grand-père qui se trouve sur le pas de la porte.

-Il le faut pourtant.

Noé grommelle, et le darde du regard.

-Tu t’inquiètes du bien être des moldus, toi maintenant ?
-Ah ! Pauvre fou, ne dis pas de sottises.

Le garçon lève les yeux au ciel, et reprend son rangement, tandis qu’Ernest s’avance un peu plus dans la pièce.

-Mais la présence d’Épouvantards chez eux est une occasion en or pour te faire à nouveau connaître dans notre monde.
-Je ne vois toujours pas l’intérêt.

L’aîné peste.

-Roh, bon sang ! Mais réfléchis un peu !

Il est maintenant à sa hauteur, et tente de lui parler droit dans les yeux malgré que Nofirstname fasse de son mieux pour rester rivé sur l’étagère qu’il remplit.

-Tu as une chance en or d’être un cracmol possédant des pouvoirs, pourquoi refuserais-tu de les mettre à profit pour te faire une place chez les sorciers ?

Schlong. Le bruit de la trousse lâchée avant d’atteindre l’armoire, et percutant ses étages, résonne dans toute la chambre.

-De la chance ?

Nofirstname tourne enfin ses yeux vers son grand-père, mais pour le foudroyer du regard.

-Tu connais la définition du mot malédiction, au juste ?

Loin d’être impressionné, le vieil homme lâche un râle d’exaspération, et se détourne pour rallier la sortie.

-Insolent ! Ne joue pas sur les mots. Je te demande simplement d’utiliser tes talents pour prouver aux autres que tu vaux mieux qu’un simple sorcier dénué de magie.
-Si tu as honte de Tata et moi-même, rien ne t’oblige à venir nous voir.
-Cela suffit, vous deux !

Venant de faire son apparition sur le pas de la porte, Tante Elodie vient interrompre net la discussion. Ernest lance aussitôt une exclamation satisfaite, et cherche l’approbation de sa fille.

-Ah ! Viens là, et explique donc à ton neveu à quel point il est idiot.
-Papa, tu n’as pas à forcer la main de Noé, encore moins à lui demander d’utiliser ce… Son truc ! Tu imagines ce qu’il pourrait lui arriver si la situation échappait à son contrôle ?

Ne s’attendant visiblement pas à recevoir encore plus de résistance, le grand-père grommelle à nouveau.

-De mon temps, les jeunes savaient écouter leurs aînés.

Et sur ces mots, il transplane. Elodie et Nofirstname restent tous deux immobiles pendant un temps, n’ayant pas anticipé ce départ soudain, avant que le jeune homme ne reprenne son rangement d’un air désintéressé.

-Et dire que je me demandais encore pourquoi je suis parti en France.

Sa tante lâche un soupir, plus fatigué qu’autre chose, et s’approche de lui avec douceur.

-Tu sais… Il essaye simplement de nous trouver une place « chez lui ».

Alors qu’il a fini de ranger ses affaires, Nofirstname lui adresse un froncement de sourcil perplexe.

-Tu trouves ça normal que nous soyons obligés de nous la faire, cette place ?

Elle secoue tendrement la tête de droite à gauche.

-Non… Mais je suis certaine que cela lui ferait grandement plaisir.

Le regard du maudit se fait plus méfiant.

-… Attends, tu m’encourages à y aller ?

A la mine hésitante de sa tante, il comprend avoir mis le doigt sur un sujet pointilleux.

-Non ! Enfin, je…

Elodie se triture les doigts et regarde ailleurs, mal à l’aise.

-Je n’aime pas trop quand tu utilises ton… Don. Il suffit de voir l’état de ta main quand on a t’a retrouvé… Mais je t’avoue que cette histoire m’inquiète. Si des Épouvantards ont bel et bien investi  la banlieue de Londres… Cela pourrait s’avérer dangereux…

Nofirstname soupire. Il ferme sa valise, vide, et la range sous une armoire, avant d’attraper son téléphone posé sur la commode ainsi que son porte-monnaie.

-Ok. J’irai voir.

Il arrive devant sa tante, et lui fait une bise sur la joue.

-Mais c’est juste pour te rassurer, d’accord ?

Elle lui lance un regard inquiet.

-Tu me promets d’être prudent ?

Nofirstname acquiesce.

-Tu me connais. Je n’aime pas trop les ennuis.

Et sur ces mots, il quitte la chambre.



***

« Plusieurs personnes affirment avoir assisté à une manifestation horrifique d’une sorte d’araignée à tête de clown et aux pattes en forme de seringues, dans la nuit de samedi à dimanche. Cette rumeur n’est-elle qu’une surenchère des précédents cas d’événements paranormaux qui ont frappé le quartier, ou s’inscrit-elle dans la continuité de phénomènes magiques concrets ? »

Alors que le tram surélevé progresse silencieusement, Noé garde les yeux rivés sur son smartphone. Un Épouvantard cherchera toujours à prendre l’apparence la plus terrifiante possible pour ses opposants, donc si plusieurs personnes en ont croisé un au même moment, il est parfaitement probable qu’il ait pris la forme d’un amalgame de leurs différentes peurs…

Le véhicule s’arrête, et les portes s’ouvrent, permettant à Nofirstname de descendre à bon port. Il observe les alentours dans une vague tentative de se repérer de mémoire, mais se résout bien vite à utiliser la fonction GPS de son appareil. Sans elle, il serait perdu… Mais avec, il ne lui faut que peu de temps pour trouver la ruelle où l’apparition aurait eu lieu. Il est pour cela nécessaire de passer par quelques chemins à la fréquentation décroissante, et quand il arrive sur place, il est en vérité surpris de croiser quelqu’un. En voyant que le jeune homme semble réellement intéressé par ce cul-de-sac, l’inconnu s’approche.

-Vous êtes le spécialiste ?

Il a le droit pour toute réaction à un haussement de sourcil perplexe. Seule Elodie est au courant de sa venue, comment cet homme pourrait savoir qu’un connaisseur en Épouvantard viendrait ? Par mesure de prudence, Noé ne répond pas tout de suite, et prend la peine de sonder l’inconnu.

-Non. Je suis simplement... Intrigué par la rumeur. Vous attendez quelqu’un ?

Son interlocuteur paraît faire une petite grimace à la mention du mot « rumeur », mais acquiesce malgré tout.

-Oui. Je… Je fais parti des témoins.

Il indique une porte à peine plus loin.

-J’habite juste ici, et j’étais en train de rentrer quand… Je l’ai vu. Et comme les autorités refusent de réagir, j’ai fait appel à un spécialiste de la magie.

Nouveau haussement de sourcil. Un sorcier allait venir ? Hmm, peut-être que finalement, Nofirstname n’aura pas besoin de trop en faire pour rassurer sa tante…
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Eugeo A. Cross
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Jeu 1 Nov - 14:52

- Et là, je lui sors : « Si tu veux ma place, faudra venir la chercher toi-même ».

Demi-Lune ne me regarde pas, complètement absorbé par le tatouage qu’il réalise sur la jambe d’un inconnu. Plein d’entrain, je reprends vigoureusement mon histoire en me recalant dans le fond de ma chaise.

- Tu ne devineras jamais ce qu’il a fait.

- Il t’a dit de la fermer ? Intervient le mec allongé sur le banc de tatouage.

- Encore mieux ! Il m’a chopé par les épaules et en moins de deux, je me retrouvais à valser sur le billard. Putain, ça faisait un mal de chien ! Mais sûrement pas autant que pour lui quand il a découvert qu’il avait perdu ceci.

Non peu fier, j’agite sous le nez de mon auditoire deux beaux billets de NBA du match de vendredi prochain. Cela me vaut l’attention de Demi-Lune pendant une trentaine de secondes, le temps qu’un sourire s’affiche sur son visage fermé.

- Je t’emmènerai si ça te dit, sinon ça me laisse quatre jours pour… Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing. Ah, téléphone.

Stoppant son activité, mon ami asiatique se retourne et attrape le téléphone. Je vais être honnête, ça me fait chier. J’ai horreur d’être coupé au beau milieu d’une phrase par un élément extérieur, surtout quand je raconte quelque chose, parce que je me retrouve à devoir attendre que l’événement interrupteur s’arrête pour reprendre ce que je disais et ça implique souvent de revenir en arrière. Et puis c’est chiant, vu que comme vous le voyez en ce moment, le temps d’un coup de fil, on peut penser à un tas d’autres informations et donc, on finit automatiquement par en oublier où on en était avant cette interruption spontanée. Et puis, c’est encore pire quand on est à la fin d’une histoire. On laisse en suspens le truc, qui perd alors tout son charme de la manière dont on l’a amené pour au final être expliqué en dix secondes après et laisser un vide.

Ouais, c’est vraiment chiant.

Je range mes billets de basket, je préfère ne pas revenir sur le sujet après, de toute façon je dois rentrer, Indiana m’attend.

- Eh gars, on dirait que l’appel est pour toi.

- Hein ? Je me retourne et vois Demi-Lune qui me tend l’appareil. C’est pas possible, qui pourrait m’appeler ici ?

- J’en sais rien, mais tu vas pas le laisser poireauter le bras tendu.

- C’est pas faux. J’attrape le téléphone, je suppose à la remarque de Demi-Lune qu’il me remercie et je m’éloigne légèrement, tandis que le bruit de l’aiguille charcutant la peau de l’autre gars se remet à résonner dans la pièce. Oui ?

- B-bonjour. C’est vous le spécialiste en affaires magiques ?

- Ça dépend de la taille de votre porte-monnaie.

- Écoutez, il n’y aura pas de problème pour la rémunération, je connais vos honoraires. A condition que vous nous débarrassiez du monstre qui sévit dans le quartier.

Mmh, un monstre ? Intéressant, mais ça manque de détails.

- De quel genre de monstre vous parlez ? Vous pourriez m’en faire une description.

- Vous ne lisez pas les journaux ?

Non, en effet. Il est rare que je m’intéresse à ces torchons s’ils ne se trouvent pas sur mon chemin. Le blanc, que je laisse planer, pousse l’homme à poursuivre.

- Il… Il est grand. On dirait une araignée géante, mais plus effrayante avec… u-une tête de clown.

Il se moque de moi… C’est pas possible. J’en ai entendu des histoires tarabiscotées, mais alors là, c’est du grand n’importe quoi. Pourtant, quelque chose dans la voix de cet homme me porte à croire qu’il ne ment pas. Ou du moins, il est fermement convaincu d’avoir vu cette créature.

- Ok ok, je vais devoir appliquer le tarif B12.

- B12 ? Mais c’est le plus cher ! Bien… De toute manière, je ne crois pas avoir d’autre option que vous.

Il a accepté sans négocier ? Ce mec me paraîtrait presque plus bizarre que cette histoire d’araignée clownesque. Il doit vraiment être effrayé par la magie, comme la plupart de ces idiots qui lisent les journaux et élisent notre gouvernement.

Nous concluons la conversation en convenant de notre lieu de rencontre, comme étant celui de l’apparition de la supposée créature. Je n’ai pas encore d’idées quant à ce qui peut être à l’origine de son hallucination, mais du moment qu’il paye, ça ne me dérange pas de faire le déplacement.


***

« Plusieurs personnes affirment avoir assisté à une manifestation horrifique d’une sorte d’araignée à tête de clown et aux pattes en forme de seringues, dans la nuit de samedi à dimanche. Cette rumeur n’est-elle qu’une surenchère des précédents cas d’événements paranormaux qui ont frappé le quartier, ou s’inscrit-elle dans la continuité de phénomènes magiques concrets ? »

Le fessier confortablement installé dans le tram, je feuillette le journal comme me l’a conseillé mon client. Visiblement, cette affaire ne le concerne pas uniquement. D’autres personnes affirment dans l’article avoir aperçu cette créature, semant la panique dans les ruelles du quartier. Les autorités ne croient évidemment pas à cette histoire grotesque, pensant à des substances chimiques psychotropes qui auraient pu être émises par une usine chimique proche des lieux et qui auraient provoquées des hallucinations aux personnes présentes. Il suffisait ensuite qu’elles aperçoivent le véhicule d’un cirque, une infirmière ou encore une araignée pour se mettre à divaguer et imaginer un monstre rassemblant toutes ces caractéristiques.

- Mouais, ce n’est pas le premier cas dans ce quartier, ils vont devoir contrôler l’usine…

Ce qui implique que j’ai peu de temps pour trouver une explication magique à cette chose et me carapater avec mon oseille, sinon quoi, ils refuseront de me payer une fois le rapport de police émit.

Je soupire…

« Dundonald Road. Mind the gap, between the train and the platform. »

-  Terminus ! Tout le monde descend !

Je descends du tram bondé et me retrouve sur un quai à peine moins bondé. Visiblement, le coin continue de vivre malgré les étonnantes apparitions dont il a été victime récemment. Je dévale les rues, passant devant de charmantes maisons toutes mitoyennes et identiques, si ce n’est la couleur de leurs briques. Plus je m’avance dedans, plus le quartier me paraît calme, loin du tumulte du centre de Londres. Ce genre de zones pavillonnaires sont de plus en plus rare, je n’ose même pas imaginer le prix de l’une de ces baraques. Je comprends mieux pourquoi mon contact téléphonique ne semblait pas dérangé par l’argent.

A l’aide d’une carte, une vraie carte en papier… Oui, ça existe encore… Je me dirige vers mon lieu de rendez-vous. Je range ma carte dans mon sac en bandoulière dans les derniers cent mètres qui me séparent du dit lieu et arrange un peu ma tenue, en ajustant le col de ma veste en cuir. Je bombe le torse, souffle dans ma main et renifle mon haleine, refait les lacets de mes chaussures, me passe une main dans les cheveux en m’admirant par la fenêtre dans le téléviseur d’un salon,… Ok, je suis prêt ! J’entre fièrement dans la ruelle et aperçoit deux personnes conversant. En m’approchant, les voix se font plus claires et je discerne leur sujet de conversation… Moi ! Si ça c’est pas la classe ? Apposant une main sur l’épaule du plus jeune, je m’immisce au sein de leur discussion.

- Le spécialiste est arrivé ! A la manière des inspecteurs trop stylés de séries, j’ouvre l’étui de ma carte professionnelle sous les yeux de mon client. Agent Grimm, on commence quand ?

L’homme effectue plusieurs aller-retour entre ma carte et mon visage, comme pour s’assurer de l’identité de son interlocuteur.

- Dès maintenant si vous le voulez bien.

- Alors, c’est parti ! Déclarais-je en souriant, parce que le sourire, c’est 40 % d’un client satisfait. Je me mets ensuite à zieuter les alentours. Dites-moi, où avez-vous vu la créature précisément ?

- Elle… Elle se tenait par là-bas, en plein milieu. Indiqua-t-il avec son doigt.

Le fond de la ruelle… Classique. Je passe devant l’homme et m’accroupis à l’endroit exact où il dit avoir vu le monstre. Par terre, je ne vois rien de plus que quelques rayures. Les marques ont l’air fraîches et la distance entre elles pourrait correspondre aux aiguilles mentionnées dans le journal.

- Vous confirmez que la créature avait des pattes en forme de seringues ?

- Euh… Je ne sais pas, j-j’étais trop obnubilé par son visage.

Tête de clown, tu aides pas…

- Et toi gamin ? T’as vu quelque chose ?

Soudain, je me rends compte que je ne connais toujours pas l’identité de cet individu. Au téléphone, l’homme ne m’avait pas prévenu qu’il y aurait quelqu’un d’autre avec lui et vu ce qu’ils se disaient de tout à l’heure, je doute qu’il soit un autre témoin venu faire sa déposition.

- Vous n’êtes pas un témoin, alors que faites-vous là ? Je me redresse et reviens à mon client, parfaitement capable de tenir deux conversations simultanément. Vous habitez juste à côté, vous me permettriez de faire une inspection rapide de sécurité de votre domicile ? Ces créatures ont tendance à aimer les recoins d’obscurité.

Un grand gaillard comme lui qui vit dans un si beau quartier, doit forcément avoir des biens de valeur chez lui.

- Vous avez déjà identifié de quoi il s’agissait ? S’ébahit-il.

- Bien sûr, c’était facile. Il ne nous reste qu’à trouver sa cachette et à l’attraper.
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Nofirstname Hills
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Sam 3 Nov - 23:20

Nofirstname a beau garder un certain air de je-m’en-foutiste, il doit bien reconnaître que cette histoire le met mal à l’aise. Il n’apprécie pas vraiment la proximité avec les Épouvantards… Il sent dans son corps que, ça s’agite. Ça trépigne. Ça veut aller à la rencontre de l’autre. Et puiser toujours plus de terreur pour se substanter…

Et Nofirstname, il déteste ce picotement. Il lui rappelle qu’il n’est pas tout à fait humain. Ni sorcier. Ni moldu. Ni un véritable cracmol, dans le fond.

Donc il espère bien boucler rapidement cette affaire, et être sûr de retrouver un quotidien bien tranquille.

C’est sans doute pour cela qu’une part de lui est rassurée, en apprenant la venue d’un spécialiste. La question maintenant est : arrivera-t-il à le supporter ? Si c’est un sorcier crâneur et imbu de sa personne, Nofirstname pourrait facilement give up…

Ah. Tiens.

Noé a un léger mouvement de recul lorsqu’un inconnu débarque pour poser sa main sur l’épaule de… L’autre inconnu, du coup, parce qu’à part qu’il ait été témoin, il ne sait pas non plus grand-chose à son sujet.

Apparemment, ce type est « le spécialiste ». En un froncement de sourcil, Nofirstname le détaille de bas en haut, quelque peu sceptique : pour un sorcier, il s’habille de façon très… Moderne. Un peu trop, peut-être ? En attendant, il a une carte à l’appui. Ce qui constitue effectivement une preuve solide… Si tant est que les magiciens s’amusent réellement à exhiber via des rectangles plastifiés leur statut. Peut-être qu’il fait fausse route ? Ce type doit simplement être un moldu bercé dans le monde magique ; comme lui, en quelques sortes. Ce n’est pas plus mal, dans le fond.

Dans l’expectative, le maudit reste parfaitement silencieux tandis que l’agent Grimm commence son investigation. Il cherche à confirmer la présence de seringues aux pattes de la créature, avant de brusquement s’intéresser à Noé. Gamin ? Sérieusement ? Il a beau ne pas pouvoir déterminer l’âge de son interlocuteur, il est presque certain de n’avoir que quelques années d’écart avec lui. Un peu piqué par cette nonchalance, sa voix se fait un peu plus sèche que voulu au moment de répondre.

-Non. Je n’étais pas là.

Réponse qui entraîne une autre question. Logique de s’interroger sur la présence de Nofirstname ici s’il n’est à priori pas concerné par l’affaire. Mais lorsqu’il entrouvre la bouche pour retorquer, le spécialiste s’est déjà relevé et a transité sur un tout autre sujet, coupant quelque peu court à la discussion. Il demande cette fois-ci au témoin s’il peut visiter sa demeure, par mesure de précaution vis-à-vis de la tendance qu’ont les Épouvantards à se cacher dans des recoins sombres… C’est bien, il a l’air de savoir ce qu’il fait. Si Noé avait su qu’il existait déjà des moldus capables de prendre en charge des affaires magiques, il se serait peut-être épargné le déplacement. Mais d’un côté, être sur place lui a évité d’avoir à débourser des sous, et de l’autre… La remarque de son grand-père s’est ancrée malgré lui dans son esprit. Réussir à s’intégrer dans le monde des sorciers… Hmm. Cette idée lui paraît aussi saugrenue que tentante.

La suite le surprend un peu, toutefois. L’attraper ? Mais comment ? Ce type n’a vraiment pas l’air d’un sorcier, et il a du mal à concevoir comment il pourrait capturer un Épouvantard sans Riddikulus.

-Et comment vous comptez faire ?

La remarque lui échappe un peu par mégarde, mais maintenant qu’il a son attention, Noé continue.

-Pour l’attraper, j’entends. Vous… Ne m’avez pas vraiment l’air équipé pour.

Il lance un regard appuyé en direction de ses mains.

-Vous n’avez même pas de mallette où l’enfermer. Vous êtes sûr d’y arriver sans ?

Dans l’attente d’une réponse, il réalise brusquement qu’il ne s’est au final toujours pas présenté, et décide donc de se rattraper.

-Appelez-moi Noé. J’ai moi-même quelques connaissances dans le domaine, et je suis venu par pure curiosité. Et…

Il a un léger mouvement d’épaule vers l’avant au moment de fourrer ses mains dans ses poches, gêné d’avoir à faire la conversation.

-Pour rassurer ma tante, au passage.

Quand il y repense, est-ce que cette précision est vraiment nécessaire ? Sans doute que non, et c’est pourquoi Nofirstname s’en veut un peu de ne pas avoir fermé sa bouche plus tôt. Pourquoi est-ce que devoir se présenter le met toujours aussi mal à l’aise… ? Que ce soit par volonté de changer de sujet, ou réellement faire avancer la discussion, il reprend aussitôt.

-En tout cas, compte tenu de l’heure, on peut effectivement être certain qu’il ait choisi de s’abriter dans un lieu sombre.

Il se tourne vers le témoin.

-Vous êtes rentré directement chez vous, après l’avoir vu ? Si c’est le cas, il a pu vous suivre en pensant que vous fournirez une source de terreur suffisamment grande pour l’alimenter un certain temps.

L’homme a visiblement bien du mal à suivre tous ces échanges, ainsi qu'à restituer l’événement.

-Hum… Oui, je crois… ? Je me souviens juste être resté tétanisé plusieurs secondes par la peur, puis avoir couru jusqu’à mon domicile… Ensuite, je me suis barricadé à l’intérieur.

La mine de Nofirstname se fait plus pensive. La probabilité que l’Épouvantard se soit planqué dans la maison de cet homme précisément n’est pas très élevée, mais elle existe.

Il acquiesce donc.

-Très bien. Laissez-moi vous suivre.
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