Et là, c'est le drame. [pv Eugeo]

Nofirstname Hills
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Nofirstname Hills
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Lun 29 Oct - 22:05

-Je n’irai pas.

La réponse de Nofirstname est aussi tranchante que sèche. Encore occupé à ranger ses affaires dans sa chambre, tout juste retrouvée après plusieurs années, il ignore purement et promptement son grand-père qui se trouve sur le pas de la porte.

-Il le faut pourtant.

Noé grommelle, et le darde du regard.

-Tu t’inquiètes du bien être des moldus, toi maintenant ?
-Ah ! Pauvre fou, ne dis pas de sottises.

Le garçon lève les yeux au ciel, et reprend son rangement, tandis qu’Ernest s’avance un peu plus dans la pièce.

-Mais la présence d’Épouvantards chez eux est une occasion en or pour te faire à nouveau connaître dans notre monde.
-Je ne vois toujours pas l’intérêt.

L’aîné peste.

-Roh, bon sang ! Mais réfléchis un peu !

Il est maintenant à sa hauteur, et tente de lui parler droit dans les yeux malgré que Nofirstname fasse de son mieux pour rester rivé sur l’étagère qu’il remplit.

-Tu as une chance en or d’être un cracmol possédant des pouvoirs, pourquoi refuserais-tu de les mettre à profit pour te faire une place chez les sorciers ?

Schlong. Le bruit de la trousse lâchée avant d’atteindre l’armoire, et percutant ses étages, résonne dans toute la chambre.

-De la chance ?

Nofirstname tourne enfin ses yeux vers son grand-père, mais pour le foudroyer du regard.

-Tu connais la définition du mot malédiction, au juste ?

Loin d’être impressionné, le vieil homme lâche un râle d’exaspération, et se détourne pour rallier la sortie.

-Insolent ! Ne joue pas sur les mots. Je te demande simplement d’utiliser tes talents pour prouver aux autres que tu vaux mieux qu’un simple sorcier dénué de magie.
-Si tu as honte de Tata et moi-même, rien ne t’oblige à venir nous voir.
-Cela suffit, vous deux !

Venant de faire son apparition sur le pas de la porte, Tante Elodie vient interrompre net la discussion. Ernest lance aussitôt une exclamation satisfaite, et cherche l’approbation de sa fille.

-Ah ! Viens là, et explique donc à ton neveu à quel point il est idiot.
-Papa, tu n’as pas à forcer la main de Noé, encore moins à lui demander d’utiliser ce… Son truc ! Tu imagines ce qu’il pourrait lui arriver si la situation échappait à son contrôle ?

Ne s’attendant visiblement pas à recevoir encore plus de résistance, le grand-père grommelle à nouveau.

-De mon temps, les jeunes savaient écouter leurs aînés.

Et sur ces mots, il transplane. Elodie et Nofirstname restent tous deux immobiles pendant un temps, n’ayant pas anticipé ce départ soudain, avant que le jeune homme ne reprenne son rangement d’un air désintéressé.

-Et dire que je me demandais encore pourquoi je suis parti en France.

Sa tante lâche un soupir, plus fatigué qu’autre chose, et s’approche de lui avec douceur.

-Tu sais… Il essaye simplement de nous trouver une place « chez lui ».

Alors qu’il a fini de ranger ses affaires, Nofirstname lui adresse un froncement de sourcil perplexe.

-Tu trouves ça normal que nous soyons obligés de nous la faire, cette place ?

Elle secoue tendrement la tête de droite à gauche.

-Non… Mais je suis certaine que cela lui ferait grandement plaisir.

Le regard du maudit se fait plus méfiant.

-… Attends, tu m’encourages à y aller ?

A la mine hésitante de sa tante, il comprend avoir mis le doigt sur un sujet pointilleux.

-Non ! Enfin, je…

Elodie se triture les doigts et regarde ailleurs, mal à l’aise.

-Je n’aime pas trop quand tu utilises ton… Don. Il suffit de voir l’état de ta main quand on a t’a retrouvé… Mais je t’avoue que cette histoire m’inquiète. Si des Épouvantards ont bel et bien investi  la banlieue de Londres… Cela pourrait s’avérer dangereux…

Nofirstname soupire. Il ferme sa valise, vide, et la range sous une armoire, avant d’attraper son téléphone posé sur la commode ainsi que son porte-monnaie.

-Ok. J’irai voir.

Il arrive devant sa tante, et lui fait une bise sur la joue.

-Mais c’est juste pour te rassurer, d’accord ?

Elle lui lance un regard inquiet.

-Tu me promets d’être prudent ?

Nofirstname acquiesce.

-Tu me connais. Je n’aime pas trop les ennuis.

Et sur ces mots, il quitte la chambre.



***

« Plusieurs personnes affirment avoir assisté à une manifestation horrifique d’une sorte d’araignée à tête de clown et aux pattes en forme de seringues, dans la nuit de samedi à dimanche. Cette rumeur n’est-elle qu’une surenchère des précédents cas d’événements paranormaux qui ont frappé le quartier, ou s’inscrit-elle dans la continuité de phénomènes magiques concrets ? »

Alors que le tram surélevé progresse silencieusement, Noé garde les yeux rivés sur son smartphone. Un Épouvantard cherchera toujours à prendre l’apparence la plus terrifiante possible pour ses opposants, donc si plusieurs personnes en ont croisé un au même moment, il est parfaitement probable qu’il ait pris la forme d’un amalgame de leurs différentes peurs…

Le véhicule s’arrête, et les portes s’ouvrent, permettant à Nofirstname de descendre à bon port. Il observe les alentours dans une vague tentative de se repérer de mémoire, mais se résout bien vite à utiliser la fonction GPS de son appareil. Sans elle, il serait perdu… Mais avec, il ne lui faut que peu de temps pour trouver la ruelle où l’apparition aurait eu lieu. Il est pour cela nécessaire de passer par quelques chemins à la fréquentation décroissante, et quand il arrive sur place, il est en vérité surpris de croiser quelqu’un. En voyant que le jeune homme semble réellement intéressé par ce cul-de-sac, l’inconnu s’approche.

-Vous êtes le spécialiste ?

Il a le droit pour toute réaction à un haussement de sourcil perplexe. Seule Elodie est au courant de sa venue, comment cet homme pourrait savoir qu’un connaisseur en Épouvantard viendrait ? Par mesure de prudence, Noé ne répond pas tout de suite, et prend la peine de sonder l’inconnu.

-Non. Je suis simplement... Intrigué par la rumeur. Vous attendez quelqu’un ?

Son interlocuteur paraît faire une petite grimace à la mention du mot « rumeur », mais acquiesce malgré tout.

-Oui. Je… Je fais parti des témoins.

Il indique une porte à peine plus loin.

-J’habite juste ici, et j’étais en train de rentrer quand… Je l’ai vu. Et comme les autorités refusent de réagir, j’ai fait appel à un spécialiste de la magie.

Nouveau haussement de sourcil. Un sorcier allait venir ? Hmm, peut-être que finalement, Nofirstname n’aura pas besoin de trop en faire pour rassurer sa tante…
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Eugeo A. Cross
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Jeu 1 Nov - 14:52

- Et là, je lui sors : « Si tu veux ma place, faudra venir la chercher toi-même ».

Demi-Lune ne me regarde pas, complètement absorbé par le tatouage qu’il réalise sur la jambe d’un inconnu. Plein d’entrain, je reprends vigoureusement mon histoire en me recalant dans le fond de ma chaise.

- Tu ne devineras jamais ce qu’il a fait.

- Il t’a dit de la fermer ? Intervient le mec allongé sur le banc de tatouage.

- Encore mieux ! Il m’a chopé par les épaules et en moins de deux, je me retrouvais à valser sur le billard. Putain, ça faisait un mal de chien ! Mais sûrement pas autant que pour lui quand il a découvert qu’il avait perdu ceci.

Non peu fier, j’agite sous le nez de mon auditoire deux beaux billets de NBA du match de vendredi prochain. Cela me vaut l’attention de Demi-Lune pendant une trentaine de secondes, le temps qu’un sourire s’affiche sur son visage fermé.

- Je t’emmènerai si ça te dit, sinon ça me laisse quatre jours pour… Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing. Ah, téléphone.

Stoppant son activité, mon ami asiatique se retourne et attrape le téléphone. Je vais être honnête, ça me fait chier. J’ai horreur d’être coupé au beau milieu d’une phrase par un élément extérieur, surtout quand je raconte quelque chose, parce que je me retrouve à devoir attendre que l’événement interrupteur s’arrête pour reprendre ce que je disais et ça implique souvent de revenir en arrière. Et puis c’est chiant, vu que comme vous le voyez en ce moment, le temps d’un coup de fil, on peut penser à un tas d’autres informations et donc, on finit automatiquement par en oublier où on en était avant cette interruption spontanée. Et puis, c’est encore pire quand on est à la fin d’une histoire. On laisse en suspens le truc, qui perd alors tout son charme de la manière dont on l’a amené pour au final être expliqué en dix secondes après et laisser un vide.

Ouais, c’est vraiment chiant.

Je range mes billets de basket, je préfère ne pas revenir sur le sujet après, de toute façon je dois rentrer, Indiana m’attend.

- Eh gars, on dirait que l’appel est pour toi.

- Hein ? Je me retourne et vois Demi-Lune qui me tend l’appareil. C’est pas possible, qui pourrait m’appeler ici ?

- J’en sais rien, mais tu vas pas le laisser poireauter le bras tendu.

- C’est pas faux. J’attrape le téléphone, je suppose à la remarque de Demi-Lune qu’il me remercie et je m’éloigne légèrement, tandis que le bruit de l’aiguille charcutant la peau de l’autre gars se remet à résonner dans la pièce. Oui ?

- B-bonjour. C’est vous le spécialiste en affaires magiques ?

- Ça dépend de la taille de votre porte-monnaie.

- Écoutez, il n’y aura pas de problème pour la rémunération, je connais vos honoraires. A condition que vous nous débarrassiez du monstre qui sévit dans le quartier.

Mmh, un monstre ? Intéressant, mais ça manque de détails.

- De quel genre de monstre vous parlez ? Vous pourriez m’en faire une description.

- Vous ne lisez pas les journaux ?

Non, en effet. Il est rare que je m’intéresse à ces torchons s’ils ne se trouvent pas sur mon chemin. Le blanc, que je laisse planer, pousse l’homme à poursuivre.

- Il… Il est grand. On dirait une araignée géante, mais plus effrayante avec… u-une tête de clown.

Il se moque de moi… C’est pas possible. J’en ai entendu des histoires tarabiscotées, mais alors là, c’est du grand n’importe quoi. Pourtant, quelque chose dans la voix de cet homme me porte à croire qu’il ne ment pas. Ou du moins, il est fermement convaincu d’avoir vu cette créature.

- Ok ok, je vais devoir appliquer le tarif B12.

- B12 ? Mais c’est le plus cher ! Bien… De toute manière, je ne crois pas avoir d’autre option que vous.

Il a accepté sans négocier ? Ce mec me paraîtrait presque plus bizarre que cette histoire d’araignée clownesque. Il doit vraiment être effrayé par la magie, comme la plupart de ces idiots qui lisent les journaux et élisent notre gouvernement.

Nous concluons la conversation en convenant de notre lieu de rencontre, comme étant celui de l’apparition de la supposée créature. Je n’ai pas encore d’idées quant à ce qui peut être à l’origine de son hallucination, mais du moment qu’il paye, ça ne me dérange pas de faire le déplacement.


***

« Plusieurs personnes affirment avoir assisté à une manifestation horrifique d’une sorte d’araignée à tête de clown et aux pattes en forme de seringues, dans la nuit de samedi à dimanche. Cette rumeur n’est-elle qu’une surenchère des précédents cas d’événements paranormaux qui ont frappé le quartier, ou s’inscrit-elle dans la continuité de phénomènes magiques concrets ? »

Le fessier confortablement installé dans le tram, je feuillette le journal comme me l’a conseillé mon client. Visiblement, cette affaire ne le concerne pas uniquement. D’autres personnes affirment dans l’article avoir aperçu cette créature, semant la panique dans les ruelles du quartier. Les autorités ne croient évidemment pas à cette histoire grotesque, pensant à des substances chimiques psychotropes qui auraient pu être émises par une usine chimique proche des lieux et qui auraient provoquées des hallucinations aux personnes présentes. Il suffisait ensuite qu’elles aperçoivent le véhicule d’un cirque, une infirmière ou encore une araignée pour se mettre à divaguer et imaginer un monstre rassemblant toutes ces caractéristiques.

- Mouais, ce n’est pas le premier cas dans ce quartier, ils vont devoir contrôler l’usine…

Ce qui implique que j’ai peu de temps pour trouver une explication magique à cette chose et me carapater avec mon oseille, sinon quoi, ils refuseront de me payer une fois le rapport de police émit.

Je soupire…

« Dundonald Road. Mind the gap, between the train and the platform. »

-  Terminus ! Tout le monde descend !

Je descends du tram bondé et me retrouve sur un quai à peine moins bondé. Visiblement, le coin continue de vivre malgré les étonnantes apparitions dont il a été victime récemment. Je dévale les rues, passant devant de charmantes maisons toutes mitoyennes et identiques, si ce n’est la couleur de leurs briques. Plus je m’avance dedans, plus le quartier me paraît calme, loin du tumulte du centre de Londres. Ce genre de zones pavillonnaires sont de plus en plus rare, je n’ose même pas imaginer le prix de l’une de ces baraques. Je comprends mieux pourquoi mon contact téléphonique ne semblait pas dérangé par l’argent.

A l’aide d’une carte, une vraie carte en papier… Oui, ça existe encore… Je me dirige vers mon lieu de rendez-vous. Je range ma carte dans mon sac en bandoulière dans les derniers cent mètres qui me séparent du dit lieu et arrange un peu ma tenue, en ajustant le col de ma veste en cuir. Je bombe le torse, souffle dans ma main et renifle mon haleine, refait les lacets de mes chaussures, me passe une main dans les cheveux en m’admirant par la fenêtre dans le téléviseur d’un salon,… Ok, je suis prêt ! J’entre fièrement dans la ruelle et aperçoit deux personnes conversant. En m’approchant, les voix se font plus claires et je discerne leur sujet de conversation… Moi ! Si ça c’est pas la classe ? Apposant une main sur l’épaule du plus jeune, je m’immisce au sein de leur discussion.

- Le spécialiste est arrivé ! A la manière des inspecteurs trop stylés de séries, j’ouvre l’étui de ma carte professionnelle sous les yeux de mon client. Agent Grimm, on commence quand ?

L’homme effectue plusieurs aller-retour entre ma carte et mon visage, comme pour s’assurer de l’identité de son interlocuteur.

- Dès maintenant si vous le voulez bien.

- Alors, c’est parti ! Déclarais-je en souriant, parce que le sourire, c’est 40 % d’un client satisfait. Je me mets ensuite à zieuter les alentours. Dites-moi, où avez-vous vu la créature précisément ?

- Elle… Elle se tenait par là-bas, en plein milieu. Indiqua-t-il avec son doigt.

Le fond de la ruelle… Classique. Je passe devant l’homme et m’accroupis à l’endroit exact où il dit avoir vu le monstre. Par terre, je ne vois rien de plus que quelques rayures. Les marques ont l’air fraîches et la distance entre elles pourrait correspondre aux aiguilles mentionnées dans le journal.

- Vous confirmez que la créature avait des pattes en forme de seringues ?

- Euh… Je ne sais pas, j-j’étais trop obnubilé par son visage.

Tête de clown, tu aides pas…

- Et toi gamin ? T’as vu quelque chose ?

Soudain, je me rends compte que je ne connais toujours pas l’identité de cet individu. Au téléphone, l’homme ne m’avait pas prévenu qu’il y aurait quelqu’un d’autre avec lui et vu ce qu’ils se disaient de tout à l’heure, je doute qu’il soit un autre témoin venu faire sa déposition.

- Vous n’êtes pas un témoin, alors que faites-vous là ? Je me redresse et reviens à mon client, parfaitement capable de tenir deux conversations simultanément. Vous habitez juste à côté, vous me permettriez de faire une inspection rapide de sécurité de votre domicile ? Ces créatures ont tendance à aimer les recoins d’obscurité.

Un grand gaillard comme lui qui vit dans un si beau quartier, doit forcément avoir des biens de valeur chez lui.

- Vous avez déjà identifié de quoi il s’agissait ? S’ébahit-il.

- Bien sûr, c’était facile. Il ne nous reste qu’à trouver sa cachette et à l’attraper.
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Nofirstname Hills
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Nofirstname Hills
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Sam 3 Nov - 23:20

Nofirstname a beau garder un certain air de je-m’en-foutiste, il doit bien reconnaître que cette histoire le met mal à l’aise. Il n’apprécie pas vraiment la proximité avec les Épouvantards… Il sent dans son corps que, ça s’agite. Ça trépigne. Ça veut aller à la rencontre de l’autre. Et puiser toujours plus de terreur pour se substanter…

Et Nofirstname, il déteste ce picotement. Il lui rappelle qu’il n’est pas tout à fait humain. Ni sorcier. Ni moldu. Ni un véritable cracmol, dans le fond.

Donc il espère bien boucler rapidement cette affaire, et être sûr de retrouver un quotidien bien tranquille.

C’est sans doute pour cela qu’une part de lui est rassurée, en apprenant la venue d’un spécialiste. La question maintenant est : arrivera-t-il à le supporter ? Si c’est un sorcier crâneur et imbu de sa personne, Nofirstname pourrait facilement give up…

Ah. Tiens.

Noé a un léger mouvement de recul lorsqu’un inconnu débarque pour poser sa main sur l’épaule de… L’autre inconnu, du coup, parce qu’à part qu’il ait été témoin, il ne sait pas non plus grand-chose à son sujet.

Apparemment, ce type est « le spécialiste ». En un froncement de sourcil, Nofirstname le détaille de bas en haut, quelque peu sceptique : pour un sorcier, il s’habille de façon très… Moderne. Un peu trop, peut-être ? En attendant, il a une carte à l’appui. Ce qui constitue effectivement une preuve solide… Si tant est que les magiciens s’amusent réellement à exhiber via des rectangles plastifiés leur statut. Peut-être qu’il fait fausse route ? Ce type doit simplement être un moldu bercé dans le monde magique ; comme lui, en quelques sortes. Ce n’est pas plus mal, dans le fond.

Dans l’expectative, le maudit reste parfaitement silencieux tandis que l’agent Grimm commence son investigation. Il cherche à confirmer la présence de seringues aux pattes de la créature, avant de brusquement s’intéresser à Noé. Gamin ? Sérieusement ? Il a beau ne pas pouvoir déterminer l’âge de son interlocuteur, il est presque certain de n’avoir que quelques années d’écart avec lui. Un peu piqué par cette nonchalance, sa voix se fait un peu plus sèche que voulu au moment de répondre.

-Non. Je n’étais pas là.

Réponse qui entraîne une autre question. Logique de s’interroger sur la présence de Nofirstname ici s’il n’est à priori pas concerné par l’affaire. Mais lorsqu’il entrouvre la bouche pour retorquer, le spécialiste s’est déjà relevé et a transité sur un tout autre sujet, coupant quelque peu court à la discussion. Il demande cette fois-ci au témoin s’il peut visiter sa demeure, par mesure de précaution vis-à-vis de la tendance qu’ont les Épouvantards à se cacher dans des recoins sombres… C’est bien, il a l’air de savoir ce qu’il fait. Si Noé avait su qu’il existait déjà des moldus capables de prendre en charge des affaires magiques, il se serait peut-être épargné le déplacement. Mais d’un côté, être sur place lui a évité d’avoir à débourser des sous, et de l’autre… La remarque de son grand-père s’est ancrée malgré lui dans son esprit. Réussir à s’intégrer dans le monde des sorciers… Hmm. Cette idée lui paraît aussi saugrenue que tentante.

La suite le surprend un peu, toutefois. L’attraper ? Mais comment ? Ce type n’a vraiment pas l’air d’un sorcier, et il a du mal à concevoir comment il pourrait capturer un Épouvantard sans Riddikulus.

-Et comment vous comptez faire ?

La remarque lui échappe un peu par mégarde, mais maintenant qu’il a son attention, Noé continue.

-Pour l’attraper, j’entends. Vous… Ne m’avez pas vraiment l’air équipé pour.

Il lance un regard appuyé en direction de ses mains.

-Vous n’avez même pas de mallette où l’enfermer. Vous êtes sûr d’y arriver sans ?

Dans l’attente d’une réponse, il réalise brusquement qu’il ne s’est au final toujours pas présenté, et décide donc de se rattraper.

-Appelez-moi Noé. J’ai moi-même quelques connaissances dans le domaine, et je suis venu par pure curiosité. Et…

Il a un léger mouvement d’épaule vers l’avant au moment de fourrer ses mains dans ses poches, gêné d’avoir à faire la conversation.

-Pour rassurer ma tante, au passage.

Quand il y repense, est-ce que cette précision est vraiment nécessaire ? Sans doute que non, et c’est pourquoi Nofirstname s’en veut un peu de ne pas avoir fermé sa bouche plus tôt. Pourquoi est-ce que devoir se présenter le met toujours aussi mal à l’aise… ? Que ce soit par volonté de changer de sujet, ou réellement faire avancer la discussion, il reprend aussitôt.

-En tout cas, compte tenu de l’heure, on peut effectivement être certain qu’il ait choisi de s’abriter dans un lieu sombre.

Il se tourne vers le témoin.

-Vous êtes rentré directement chez vous, après l’avoir vu ? Si c’est le cas, il a pu vous suivre en pensant que vous fournirez une source de terreur suffisamment grande pour l’alimenter un certain temps.

L’homme a visiblement bien du mal à suivre tous ces échanges, ainsi qu'à restituer l’événement.

-Hum… Oui, je crois… ? Je me souviens juste être resté tétanisé plusieurs secondes par la peur, puis avoir couru jusqu’à mon domicile… Ensuite, je me suis barricadé à l’intérieur.

La mine de Nofirstname se fait plus pensive. La probabilité que l’Épouvantard se soit planqué dans la maison de cet homme précisément n’est pas très élevée, mais elle existe.

Il acquiesce donc.

-Très bien. Laissez-moi vous suivre.
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Eugeo A. Cross
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Eugeo A. Cross
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Dim 18 Nov - 18:13

Qui c’est qui doit se taper un civil sur les bras ? C’est bibi ! Enfin, dans le jargon on ne parle pas de civils, mais plutôt de poids. Ils sont lourds tous ces curieux qui se rendent sur mes lieux de travail uniquement parce qu’il s’y ait peut-être produit quelque chose de magique. Vous ne vous aidez vraiment pas, puisqu’il n’y a rien de magique là-dedans, et qui plus est, vous me faites royalement chier. C’est difficile de travailler dans de bonnes conditions lorsque des personnes scrutent vos moindres faits-et-gestes. A force, je commence à comprendre ce que ressent la police lorsqu’elle se fait harceler par les médias ou les passants sur une scène de crime. Ici, c’est pareil. Je tâche de me montrer aimable, il finira bien par partir de lui-même, surtout qu’il n’y a rien à voir d’extraordinaire.

La ruelle est vide, je ne vois que des traces de rayures, ce qui est déjà beaucoup pour ce genre d’affaires. Seulement, mon contact est incapable de me décrire l’allure de la créature. Pas grave, je trouve un nouvel angle d’attaque et propose de nous rendre chez lui pour une inspection en bonne et due forme à l’aide d’un bobard. C’est là, que notre petit curieux intervient. Il n’a pas la langue dans sa poche, on dirait presque qu’il sait de quoi il parle, alors que moi-même je ne fais que dire ce que les gens veulent entendre. Je ne suis pour autant pas né de la dernière pluie et depuis le temps que je fais ce métier, j’ai développé tout un arsenal d’arguments, notamment au sujet de la capture. Je suis assez fier de lui sortir de ma sacoche un petit bijou de ma création.

- A l’aide de ceci. Lui concédais-je en montrant l’appareil en forme de petite boîte métallisée, directement inspirée de Ghostbusters. Cette invention est bien plus efficace qu’une mallette. Elle dispose d’un petit système d’aspiration, qui s’active une fois ouverte et à portée d’un être, avant de se refermer automatiquement sur lui. Et elle présente l’avantage d’être facilement transportable. C’est le nec plus ultra !

La foule m’acclame, conquise. Tous voudraient se jeter sur moi pour avoir cette invention. Faux. Je m’arrête avant la démonstration type téléachat et range l’engin, espérant avoir convaincu mon maigre auditoire.

En tout cas, ça ne l’empêche pas de sauter du vampire au loup-garou. Je regarde le gamin se présenter, persuadé que ma prestation était un cran au-dessus, cependant je tique sur un élément qui vient confirmer ce que je pensais plus tôt : le milieu ne lui est pas inconnu. Qu’entend-il par-là ? Aurais-je rencontré mon premier concurrent ? Auquel cas, il aurait un sacré toupet de se présenter de la sorte. Peut-être cherche-t-il à simplement faire son intéressant ? Sans doute, mais c’est raté. Faut t’affirmer ! Un mensonge passe toujours mieux quand on y croit. Allez, on va être sympa et jouer son jeu.

- Ravi de rencontrer un confrère, Noé. Mais je pense que ta tante préférerait te savoir en sécurité ailleurs. Je me tourne vers l’homme. Façon de parler, vous êtes en sécurité avec moi.

Un sourire charmeur pour faire passer la pilule et on est bon. Toujours est-il, qu’importe l’identité exacte de ce Noé, il est d’une bonne aide pour confirmer mes propos. Ses paroles corroborent les miens, mais s’il croit s’en tirer avec une part d’une gâteau, tutute, nada. En attendant, je ne vois aucune contre-indication à ce qu’il nous suive du moment qu’il ne me traîne pas de trop dans les pattes.

- Ça ne me pose pas problème. Mais qu’on soit clair, si je vous dis de fuir, courrez et ne vous retournez pas. Je sais ce que je fais. Clin d’œil professionnel, c’est important de bien rassurer les clients.

De toute manière, mon contact n’est pas l’homme le plus malin qui soit, il acquiesce sans poser de question et sans véritablement savoir de quoi il retourne. Il ne doit pas comprendre le quart de nos sous-entendus et ça le rend particulièrement confus dans ses propos. C’est bien ! La confusion est un élément profitable. Plus il se posera de questions, plus il sera manipulable. CQFD. En bonus, il nous sert sur un plateau d’argent sa maison, située à deux pas de là. Je gravis les quelques marches menant à la porte ouverte sur un couloir éclairé, quand il vient à me demander ce qui le taraude depuis quelques minutes.

- Vous n’avez pas totalement répondu à ma question tout à l’heure. Cette… ch-chose, c’est quoi ? Si elle se trouve chez moi, je veux savoir !

C’est une très bonne question Sherlock, à laquelle je m’empresse de répondre.

- Un monstre, en théorie inoffensif, que mon jeune apprenti va se faire une joie de vous expliquer les particularités. Prononçais-je avec un grand sourire à l’attention de Noé. N’aies pas peur de donner des détails.

Je m’avançais ensuite en direction d’un salon de taille moyenne, impeccablement rangé et d’un style… Hum, d’un style. Mon enquête ne démarre pas sur les chapeaux de roues, c’est toujours plus compliqué de trouver son bonheur quand les gens n’ont pas la tendance à laisser traîner leurs affaires. En me tournant vers mon client et Noé, j’aperçois autour de la porte les traces des clous qui ont dû servir à la barricader avec des planches. C’est qu’il devait avoir sacrément peur le gaillard.

- Hum… Je dois vérifier vos placards et vos armoires. Si vous avez une cave, il faudra aussi l’inspecter.

- D’accord… Faites ce que vous avez à faire.

- Noé, tu te charges du bas ? Je m’occupe de l’étage.

Il peut être utile ce Noé. Bien plus que je ne l’imaginais. Je grimpe les marches quatre par quatre et débarque dans la première pièce à ma portée : une salle de bain. Ce n’est pas ce que je cherchais, mais ça peut faire l’affaire dans un premier temps. J’allume la lumière et regarde rapidement la double vasque et les objets autour. Aucune boîte à bijou, pas de mascara, une unique brosse à dents,… Ok, il vit définitivement seul, ce n’est pas ici que je trouverai de quoi me substanter. Pour un homme, la chambre sera peut-être plus fructueuse. Je sors de la salle de bain, dont j’éteins la lumière et ouvre les portes une-à-une jusqu’à tomber sur la chambre du monsieur.

Bingo !

J’y allume à son tour la lumière et entame mes investigations. La commode ne donne rien, la table de chevet non plus, ainsi que le dessous du lit. Mamma mia, je vais finir par croire qu’il a hérité de cette baraque. Il reste la grande armoire coulissante. Un dernier espoir. M’apprêtant à l’ouvrir, je sens la porte résister

Mon dernier espoir repose sur cette grande armoire coulissante, juxtaposée à la porte. M’approchant d’elle, je sens le sol se mettre à trembler légèrement. Je pose ma main sur l’un des battants et d’un coup unique, l’ouvre en grand… Des chemises, des pantalons et encore des chemises. Rien qui soit intéressant. Je voile ma déception et redescends dans le salon avec les autres.

- En haut c’est clean, rien à signaler. Et en bas ?
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Nofirstname Hills
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Nofirstname Hills
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Ven 30 Nov - 21:46

Nofirstname avise l’engin que lui montre l’Agent Grimm, à mi-chemin entre le scepticisme et la curiosité. Le premier car Noé n’a JAMAIS vu un tel appareil, et croyez-moi pourtant que s’il avait un dispositif aussi ergonomique pour enfermer les Epouvantards, il l’utiliserait sans compter, et le second… Bah parce que ça a l’air crédible.

Toutefois, pas de quoi tomber en admiration. Noé préfère attendre de voir cet étrange objet à l’œuvre avant de le juger, et se contente d’un court hochement de tête pour signaler avoir bien enregistré l’information.

Lorsque vient sa présentation, son interlocuteur prend immédiatement des airs assurés et sûrs de lui.  Et si sa première remarque lui paraît de circonstance, l’ego de Nofirstname apprécie moins la seconde. Devoir lui obéir ? Ah. Si seulement il savait. Mais le maudit ne compte pas vraiment s’étendre au sujet de ses… Capacités, et c’est pourquoi il ravale sa fierté pour plutôt acquiescer – sans toutefois pouvoir retenir un commentaire.

-Je ne serai pas ici si j’ignorais dans quoi je m’embarque.

Ce n’est pas une attaque directe, mais le message sous-jacent est clair. Pour le reste, Nofirstname reste parfaitement silencieux et expectatif, ne souhaitant clairement pas se retrouver au devant de la scène. Et puis, l’autre beau parleur fait déjà bien le taff du type bruyant qui s’attire à lui toute l’attention, alors pourquoi le gêner ?

Il ne manque toutefois pas sa réponse à l’interrogation de la victime au sujet de l’identité de la créature suspectée ; en fait, elle le désarçonne même assez pour lui arracher un froncement de sourcil suspicieux. Les Epouvantards, inoffensifs ? Première nouvelle ! Et la suite ne va pas pour lui plaire : voila que Grimm demande à ce que Noé joue le rôle du joyeux assistant volontaire. Ok, ça c’est carrément louche.

Dans son dos, Nofirstname fixe le supposé spécialiste sans réellement savoir comment réagir. Il sent sur lui le regard pesant du client en quête de réponse, et se résout difficilement à l’ignorer. Aussi se dit-il qu’il pourrait s’agir d’un bon moyen pour titiller un peu ce fameux agent.

-… Oui. Évidemment.

Le regard en coin lui étant destiné dévie tranquillement jusqu’au moldu, qui paraît tout à fait suspendu à ses paroles.

-Vraisemblablement, vous avez été la victime d’un Epouvantard, un non-être se nourrissant de la peur humaine. Pour se faire, un Epouvantard cherchera toujours à revêtir l’apparence de ce qui terrifie le plus sa victime ; et dans le cas où celles-ci seraient nombreuses, il arrive qu’elle fasse un amalgame des différentes phobies de ses opposants. D’où l’étrange créature à laquelle vous avez été confronté.

Il marque une courte pause, vite lassé de ce court exposé.

-Ce n’était donc pas sa véritable apparence. A vrai dire, elle est même inconnue du commun des mortels : sa transformation est instantanée et vraisemblable au possible. C’est ce qui en fait une créature extrêmement dangereuse, puisque si elle copie l’apparence, elle s’approprie également les caractéristiques de la phobie du sujet, rendant ainsi la difficulté de sa capture parfaitement imprévisible dépendamment des plus profondes craintes des témoins.

L’homme écarquille légèrement les yeux, sans doute partagé entre l’incompréhension et la surprise, avant de diriger un regard interloqué vers l’Agent Grimm.

-Mais, je croyais qu’elle était inoffensive ?

Noé le fixe à son tour, très attentif à sa réaction. Il s’en désintéresse toutefois assez rapidement quand il comprend qu’il trouvera certainement un moyen de se justifier quelle que soit l’origine d’une si grossière erreur, et se concentre plutôt sur l’appartement dans lequel il pénètre.

C’est une bâtisse assez classique du vieux Londres, au style plutôt rustique. Il est plutôt agréable à Nofirstname de part son côté simple et sans prétention, la fouille ne devrait donc pas être trop pénible ou compliquée.

Il se contente d’un regard en coin envers Grimm quand celui-ci lui ordonne de s’occuper du rez-de-chaussée, et Noé s’avance aussitôt vers la cuisine sans émettre de réponse. Machinalement, il se permet d’ouvrir les quelques placards et tiroirs qui s’y trouvent, sans grand espoir de mettre la main sur un Epouvantard décrit comme aussi gros à l’intérieur d’espaces aussi étroits. D’ailleurs, lui-même ne ressent pas vraiment de présence du genre, mais par pure sécurité, il préfère s’en assurer.

L’inspection est rapidement faite, et Nofirstname se dirige vers le salon. Un fin sourire au coin des lèvres, il s’approche du poste de télévision comme on en voit peu de nos jours, souvent remplacés par des hologrammes plus ergonomiques, et saisit les deux petites manettes posées devant.

-Vous aimez les jeux rétros ?

Le propriétaire des deux toy cons acquiesce, et la discussion n’allant pas plus loin, Noé les repose simplement aux côtés de la Nintendo Switch. S’il préfère de loin les jeux en réalité virtuelle, il est vrai que cette console dégage un côté simpliste très appréciable…

Enfin, il s’égare. Il ouvre les portes de la commode en dessous, et fait rapidement le tour du meuble où est entreposée toute l’argenterie. Rien de bien incroyable, mais une fois de plus, Nofirstname se complaît dans cet univers traditionnel. Pas pour rien qu’il fait des études en Histoire…

Après un rapide passage en revu, il s’arrête au milieu du salon, la mine peu convaincue. C’est à ce moment là que son « chef » redescend et s’enquiert de la situation.

-Rien non plus. De toute façon, je n’ai pas l’impression que...

. Un frisson désagréable parcourt le corps de Noé, et il tourne instantanément la tête dans une direction obscure. Des picotements désagréables commencent à parcourir son bras gauche, tandis qu’il fronce les sourcils, et commence à avancer vers la sortie.

-Il est ailleurs. Dehors.

Sans attendre de réponse, il quitte la maison, et dévale les marches à vive allure. Arrivé dans la rue, il commence à longer la rangée d’immeubles, et tourne à l’angle d’une rue, dans laquelle il s’avance en quête d’un quelconque signe de présence surnaturelle. Pourtant, au bout d’un moment, sa sensation s’estompe brusquement, et après avoir ralenti le pas, Nofirstname entreprend de faire demi-tour pour retrouver un semblant de picotement. Perplexe, il regarde partout autour de lui, certain de la présence d’un Epouvantard à proximité.

-Je ne comprends pas. Il devrait être proche, mais je en vois aucun espace contigu et ombragé…

Il fixe sa main gauche, dont ses doigts semblent s’articuler de leurs propres volontés, avant de lever les yeux en direction du ciel.

-Il serait là-haut ?… Ou alors…

Son regard descend jusqu’à ses pieds, perplexe. Il observe ensuite le reste de la route, et…

Bingo.

-… La plaque d’égout.

Il se tourne vers les deux hommes qui semblent en fait l’avoir suivi.

-Il est en dessous.
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Eugeo A. Cross
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Eugeo A. Cross
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Date d'inscription : 26/09/2018
Sam 1 Déc - 11:41

Noé, c’est le genre de mec qui au premier regard, te paraît illuminé. Tu sais pas pourquoi il est là. Il raconte des choses qui n’ont ni queue ni tête. Tu te demandes s’il s’y connaît vraiment ou si tout ça se passe dans sa tête. A vrai dire, il est louche. Maiiis, être louche ça a ses bons côtés. Notamment dans notre métier, ça renforce le sentiment d’étrangeté chez le client par rapport aux événements survenus et en l’occurrence, je pense que Noé est bien plus doué pour cela que moi. Ou plutôt, disons que je ne joue pas sur les mêmes codes que lui pour traiter le client. En tout cas, Noé a du talent, c’est certain. Je ne sais pas comment il fait pour arriver à inventer cet Epouvantard aussi rapidement et à débiter toutes ces choses sur lui si facilement, on croirait presque que c’est réel. Haha, il me plaît ce gamin.

Par contre, pour rassurer le client, zéro pointé. Nul. Archi nul. Je me casse le cul à décrire un contexte basique sur lequel il peut improviser à cœur joie, no souci. Le seul élément sur lequel j’aimerais qu’il ne déroge pas, c’est la dangerosité de la créature ! Et que fait-il ? Il la dépeint comme un monstre d’une extrême dangerosité, capable de devenir vos pires cauchemars et patati et patata… Autant il arrive très bien à bluffer, ce qui détonne de sa présentation de tout à l’heure qui laissait à désirer, autant il utilise mal ses capacités. Pfiou… Il a encore du boulot à apprendre le petit. En quelques sortes, ça me rassure de savoir que mon confrère est moins expérimenté. Ça me permet de garder sa progression à l’œil sans avoir à craindre de perdre mes propres clients. Seule chiantise : c’est à moi de réparer les pots cassés avec notre loulou ricos du jour !

Avec toute ma grâce, ma splendeur, mon éloquence, je me retourne vers lui et toujours aussi charmeur, j’étends mes bras vers lui pour l’attraper et lui expliquer ce qu’il se passe. Retenez bien cela : lorsque vous avez quelque chose d’important à révéler OU que vous souhaitez mentir avec crédibilité, toujours garder une main sur l’épaule de la personne, ça la conforte.

- En effet, il se pourrait que j’ai minimisé les capacités de cette créature. Assurément, pour votre bien monsieur, je ne souhaitais pas vous inquiéter étant donné, qu’elle ne présente aucun danger en ma présence. Comme j’ai pu vous le montrer dehors, j’ai tout ce qu’il faut pour attraper cette créature sans la moindre crainte ET nous sommes spécialisés dans la traque de ce genre de créature. Nous savons donc exactement comment elle réagit et comment la contrer avant qu’elle n’ait pu faire ses méfaits. En outre, essayez de garder votre calme, car ces Epouvantards sentent la peur des humains. Par conséquent, en restant le plus zen possible, vous vous assurez de ne pas la rencontrer. Ou alors, vous pouvez vous effrayer et nous servir de balise pour la créature. Je vous laisse le choix mon ami, j’ai des choses à faire à l’étage !

Abandonnant mon client sur ces dernières paroles avec une tape à l’épaule et non pas sans un sourire non-dissimulé, je me dirige vers l’étage de la demeure, où une fouille minutieuse des différentes pièces ne me permettra pas de mettre en lumière quelques objets de valeur, qui auraient pu être d’une importance capitale dans cette affaire. Mettant un trait sur ma rémunération bonus, je descend l’escalier et revient dans le salon, où Noé semble avoir terminé ses investigations. Après un brève échange sur nos trouvailles, évidemment infructueuse, je me dis que j’aurais dû me tourner vers les couverts en argent, certainement cachés dans le vaisselier. Crotte ! Toutefois, il se pourrait qu’un imprévu vienne bousculer mes projets de mettre un terme rapidement à cette enquête, lorsque Noé se met à agir de manière… Très bizarre, pour ne pas changer. C’est à se demander s’il ne prend pas cette chasse aux fantômes trop à cœur et s’il ne se serait pas échappé, à tout hasard, d’un asile psychiatrique.

N’ayant pas d’autre choix que de le suivre, je prends les devants sur mon client et le laisse fermer la marche. Où Noé compte-t-il nous emmener ? Nous revoilà donc à notre point de départ : dans la rue, à l’extérieur de tout lieu à intérêt économique. Pfiou… Il a vraiment encore beaucoup à apprendre ce gringalet. Ainsi que quelques médocs à ingérer. Je ne pense pas, que ce genre de comportement soit normal. Pour le coup, je suis tout autant dubitatif que mon client qui doit se poser toujours plus de questions et si cela continue, il se pourrait que notre expertise soit remise en cause et que nous le perdions. Bah ouais, y a un moment où tout un chacun finit par craquer devant tant de bizarreries. La magie c’est bien beau, tout le monde en parle, tout le monde y croit, mais avec des limites ! L’être humain lambda n’est clairement pas prêt à imaginer trop de choses qui dépassent son entendement.

- Alors ?

Il faut quand même le soutenir un minimum, donner du poids à son comportement, si je veux mon chèque. Et puis, j’aimerais bien comprendre à quoi rime tout cela aussi. Après en avoir terminé avec sa main, le ciel, les étoiles, la nature, les pissenlits and co, il finit ENFIN par proposer quelque chose de censé : les égouts. Enfin, j’ai dit censé ? Dans la théorie de sa créature, oui. Dans la mienne, non. Déjà, parce que les égouts c’est vu et revu. Tout le monde sait que dans tous les jeux vidéo, c’est l’endroit où se cachent les méchants. Ce n’est absolument pas o r i g i n a l. Bon, on va dire qu’il y a un effort de réaliser et c’est plutôt encourageant dans son apprentissage. Encourageant ? Mais qu’est-ce que je raconte ?! Je vais pas l’aider à devenir meilleur que moi, manquerait plus que ça ! Oooh… A moins qu’il ne me donne un pourcentage de ses recettes. Ouais, là ça peut devenir très intéressant d’un seul coup. Mais bon, en attendant je dois quand même me coltiner les égouts. Y a rien de palpable là-bas. Rien que des rats morts et des tortues transgéniques.

- Génial, on n’a plus qu’à y descendre. Je te laisse passer en premier. Quant à vous, monsieur, ne venez pas, rentrez chez vous et attendez notre retour. Je ne vous garantis pas l’odeur, mais la satisfaction de vous être débarrassé de ce monstre !

- O-oui, je vais faire ça.

L’homme nous regarde retirer la plaque et s’engouffrer dans le lieu sombre, répugnant et à l’odeur nauséabonde, nommé égout. Nan mais la vache, j’aurais su, j’aurais prévu des pinces à linge !

- On va de quel côté maintenant ? Disais-je une fois en bas de l’échelle.

Après tout, c’est lui qui nous a fichu dans ce merdier, donc à lui de prendre ses responsabilités et d’assumer le rôle de guide. De toute façon, on a juste à s’éloigner d’une centaine de mètres, faire un détour et attendre calmement qu’une vingtaine de minutes soient passées pour revenir et assurer à notre homme, que le danger est éloigné à jamais ! Easy. Écoutant les indications du gamin, nous nous enfonçons dans les égouts. Dans le canal central, de couleur verdâtre, je vois passer des excréments et autres déchets peu ragoutant. Ça y est. C’est officiel. J’ai l’appétit coupé. Dès que nous nous sommes écartés suffisamment de la bouche d’égout, je m’arrête et pointe ma lampe torche vers Noé.

- Hey mec, à quoi tu joues ? Les égouts… A quel moment, tu t’es dis que c’était une bonne idée ? Je me tiens la tête deux secondes, soufflant de désespoir, et revient à lui avec plus d’optimisme. Il va falloir que tu retravailles ton jeu, là, ça laisse clairement à désirer. Le client, tu le fais flipper pour un rien. Alors je veux bien avouer, que ce soit important de lui expliquer les risques encourus, mais pas à ce point ! C’est le meilleur moyen de le faire fuir et de le perdre. S’il a trop peur, il ira se carapater, tu comprends ? C’est tout un art de jouer avec ce degré de peur pour qu’il ne monte pas trop haut. Finalement, je me mets à sourire. Sinon… C’est pas trop mal, tu te débrouilles bien pour le moment. Il faut revoir tes méthodes, mais le fond est là.
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Nofirstname Hills
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Nofirstname Hills
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Date d'inscription : 28/10/2018
Sam 1 Déc - 12:56

-Mais… Comment pouvez-vous savoir ?

L’interrogation du moldu face aux affirmations de Nofirstname est légitime. Tout le monde n’est pas en mesure de déterminer la présence d’Epouvantards par simple picotement… Un talent dont il se serait passé volontiers, mais si on ne choisit hélas pas sa famille, on ne choisit pas non plus les malédictions qui en découlent.

-Je les ressens. C’est tout.

Pas besoin de s’étendre sur le sujet – pas dit que ce soit à la portée de cet homme, de toute façon. D’ailleurs, Grimm prend vite la relève et se charge de le congédier pour des raisons de sécurité, tandis que Noé s’abaisse pour soulever la plaque. Il est vrai qu’il est bien plus prudent de les laisser s’occuper de cette créature plutôt que d’impliquer un civil parfaitement inconscient des dangers que cela implique. Civil ayant la phobie des clowns qui plus est… Remarquez, si l’Epouvantard prend la forme d’un clown, ça ne sera pas bien dur de l’attraper. Sauf si sa peur ce sont les clowns tueurs armés d’une tronçonneuse, mais ça serait déjà un peu plus spécifique.

En un mutisme parfait, Nofirstname gravit l’échelle, et se retrouve assez rapidement dans ce merveilleux lieu nauséabonde et peu ragoûtant que sont les égouts. Noé sait qu’avant l’invention des engins de recyclage majeur, ce type d’endroit était bien plus fréquent et pollué, mais aujourd’hui, ils ne sont plus que des passages oubliés et délaissés par la population. Il a bien vu passer des projets d’aménagement visant à les reconvertir en routes cyclables souterraines, mais rien qui n’aboutisse avant plusieurs années au moins.

Son « collègue » lui demande alors la direction à prendre, et le maudit agite nerveusement ses épaules en sentant la présence de la créature à plusieurs mètres.

-Par là.

Simple et concis. Noé prend la direction supposée, et bien garde à vérifier les étroits passages desquels se déversent une infime quantité d’eau, des fois que l’Epouvantard se cacherait à l’intérieur. Toutefois, il est assez rapidement arrêté dans on observation par l’Agent Grimm : sans trop comprendre pourquoi ni comment, voila que Nofirstname reçoit une leçon sur l’art et la manière d’interagir avec les clients. Perplexe, le garçon se contente de cligner à multiples reprises des yeux, avant de froncer les sourcils en une expression agacée.

-Je me moque éperdument de vos intérêts économiques. Si je vous ai fait descendre avec moi, c’est uniquement pour que vous puissiez arrêter l’Epouvantard. D’ailleurs, vous devriez sortir votre baguette.

Noé se retourne, non sans lui lancer un regard en coin.

-Il serait intéressant que vous me fassiez part de vos propres phobies, également. Que l’on sache à quoi s’attendre lorsqu’il surgira.

A nouveau, il s’immobilise. Les frémissements le long de sa peau se font plus forts, plus intenses, et surtout, paraissent se faire en réaction d’un étrange bruit résonnant un peu plus loin. Malgré lui, les battements de son coeur s’accélèrent, et Noé sent une certaine boule lui prendre l’estomac. Cela fait combien de temps qu’il n’a pas croisé d’Epouvantard n’étant pas partie intégrante de son propre corps ? Va-t-il directement se sentir menacé par la présence d’autant de semblables à portée, ou va-t-il au contraire se laisser amadouer ? Il ignore à vrai dire à quel point les Epouvantards classiques peuvent ressentir le poids de sa malédiction, et ce brusque retour des choses le tend quelque peu. Espérons que tout se passe pour le mieux.

Avisant la bifurcation à peine plus loin, il se tourne vers son partenaire.

-… Bon. Il n’est certainement plus très loin.

Il avise la suite du passage.

-La forme qu’il devrait prendre si je m’approche est censée être inoffensive. Dès que je réagirai, vous passerez devant moi et l’arrêterai, d’accord ?

Il lui tourne ensuite le dos, et tend le bras en signe de barrage.

-Restez derrière moi, c’est important pour qu’il se focalise sur moi seul uniquement. Dès que vous me dépasserez, vous devrez lancer immédiatement un Riddikulus, ou alors il changera de forme exprès pour vous.

Prenant une profonde inspiration, Noé se met en marche. Lentement. Très lentement. L’égout est parfaitement silencieux et seul le léger clapotement de l’eau fait écho au bruit de ses pas. Les picotements sur son bras se font plus insistants et lui permettent vaguement de sentir que l’Epouvantard s’est immobilisé. Il a dû sentir leur présence, lui aussi. D’ailleurs, un bruit de fouet se fait entendre avant même que Nofirstname ait approché de la bifurcation, signe qu’il a déjà assimilé la peur du garçon et pris sa forme. L’anxiété du maudit se fait plus forte. Sa malédiction l’aide assez facilement à déterminer l’apparence prise par les Epouvantards en sa présence, mais ce n’est pas pour autant qu’il est plus à l’aise avec ses phobies, qu’elles soient passagères ou non.

Il arrive juste à l’angle du passage, et s’arrête. Noé inspire une fois. Deux fois. Trois fois. Et baisse les yeux. L’Epouvantard est juste derrière ce mur. Il va devoir être capable de rester devant au moins le temps que Grimm se charge de lui. Il peut le faire. Il doit y arriver. Pour sa tante… Et sa supposée place dans le monde sorcier…

… Bon. C’est parti.

Noé s’avance et-

-…. !

A peine s’est-il avancé pour faire face à la créature que Nofirstname est pris d’un haut-le-cœur. Immobilisé, il plaque brusquement sa main devant sa bouche et dévisage la chose devant lui d’un air horrifié. Son estomac fait aussitôt des siennes, et si on pourrait croire que c’est l’odeur des égouts qui le fait réagir de la sorte, c’est bien la vision de l’Epouvantard transformé qui provoque en lui un tel dégoût.

Un fœtus. Un fœtus humain. De quatre mois à peine. Là, juste devant lui. D’abord allongé au sol, il réagit à la présence de Noé, et… Se lève. En un son visqueux, il parvient par un miracle obscur à se mettre debout, sur un début de jambe pas encore formé. Il relève alors la tête, et ses yeux clos semblent fixer Nofirstname… Avant qu’une tâche rouge imprègne son corps. Comme si quelqu’un vient de lui infliger une blessure au torse, le fœtus se recouvre peu à peu de sang, et-

C’en est trop. Noé se détourne pour cacher cette horrible vision de sa vue, et une main contre le mur, dégueule purement et promptement. Trop occupé à rendre son petit déjeuner, il ne parvient pas tout de suite à localiser Grimm dans les parages, et à lui donner l’ordre d’attaquer.

Bien que le son de ses rejets semble être assez explicite.
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Eugeo A. Cross
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Eugeo A. Cross
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Date d'inscription : 26/09/2018
Lun 7 Jan - 21:15

Wow, WOW ! Tout doux le Noé. On baisse d’un ton et on se calme. Ah pfff… Voilà, c’est ça, souffle. Ne nous énervons pas, c’est une situation parfaitement normale de nos jours. Peut-être pas dans des égouts. En général, ça arrive plutôt dans les hôtels ou dans les bureaux lorsque les derniers collègues sont partis. Mais bon, je dis ça, je dis rien. Perso, c’est la première fois que ça m’arrive, qu’on me fasse des avances aussi explicites. Et puis c’est gênant. Non pas que Noé ne soit pas « mignon », comme aime le dire les gens en parlant de leur plan cul, mais bon… Les hommes et moi, ça fait toujours deux. Ouais, je vous vois venir avec vos grands sabots sur l’homosexualité, comme quoi il n’y a rien de choquant et que c’est normal ! Bah ouais, je dis pas le contraire, mais bon, entre la baguette du boulanger et le donuts de sa fille, y a pas photo, je sais où je vais tremper mon pain nutella.

De plus, je comprends la gêne de ce garçon. Ce n’est jamais évident de se lancer dans une déclaration et encore moins au premier soir… D’autant plus quand ce n’est pas un rencard ! Néanmoins, il pourrait éviter de me vouvoyer. Ça fait tellement old. Beaucoup trop. C’est ringard. Sauf si c’est son truc les jeux de domination, auquel cas ça se comprend, mais c’est creepy. Finalement, je devrais peut-être partir de cet égout ? Il me semble de plus en plus glauque. Alors, je disais cela pour l’égout, mais Noé n’est pas là dans le genre non plus. Ses regards en coin, ses propos « s u b t i l s » et ses drôles de délire autour des phobies… BRRR… C’est sans doute un maso. Beurk. Autant les gays, ça passe. Pas sur moi, mais ça passe. Autant les masos… Ça, je trouve ça vraiment flippant ! A quel moment tu te plais à te faire fouetter dans le noir et que sais-je encore ? Quoique, je préfère pas en savoir plus. Entre ça et l’odeur des rats morts, je vais vraiment finir par gerber mon casse-dalle.

C’est donc dans un silence de mère Theresa, que je suis Noé toujours plus profondément dans cet égout. A mon grand étonnement, je n’ai pas encore pris mes jambes à mon cou. Aurais-je une soudaine curiosité de ce qui pourrait se passer ici ? Assurément pas. Mais si je remonte maintenant, je vais devoir dire bye bye à mon pactole. Donc c’est ça ou j’attends avec monsieur « j’aime avoir mal » encore quelques minutes et s’il me saute à la figure, je l’envoie valser dans l’eau croupie ! Ouais, ça me paraît être un bon plan. Qu’il vienne et il verra. OUATCHAAA ! J’ai été formé aux arts secrets de la rue, gare à toi soumis sexuel, tu ne m’auras pas !

En tout cas, Noé n’a pas l’air perturbé que je ne lui obéisse pas, ni ne lui réponde. Il s’y attendait peut-être ? Le pauvre, il doit être dévasté intérieurement alors et doit tout faire pour ne pas le montrer. Après, ce n’est pas de ma faute. C’est lui qui a mal joué ses cartes. Il s’est grillé les ailes tout seul. S’il avait attendu un peu de mieux me connaître, il aurait vu que j’étais un homme à femmes. Un vrai de vrai. Un mec qui en jette. Il était pas au niveau. C’est tout. On est le meilleur ou on ne l’est pas. C’est ballot pour lui, c’est moi le number one ! Néanmoins, rendons à Ulysse ce qui est à Arthur, il a du cran et pas peur du ridicule. En parlant de ridicule, ça fait deux minutes qu’il me blablate des bêtises et que je ne l’écoute qu’à moitié. A mon avis, le choc a été trop violent, il a perdu la boule. Et avec ses conneries, je finis par en oublier ma tache. Raaaah… Eugeo ! Réveille-toi, tu le sais très bien, le fric d’abord, les nénettes ensuite ! On ne met pas la charcute avant les œufs dans une raclette.

- Alors, je me permets… Mais je ne suis pas sûr de totalement te suivre. Enfin non, j’hésite même pas. Pas pour ça. Ce ne sont pas mes pratiques. Disons hum… Que je préfère quand c’est plus doux. Avec plus de formes ? Mouais… J’avoue, c’est peut-être pas les bons mots, mais tu comprends l’idée, non ?

Je me retourne, espérant que Noé n’a pas baissé son pantalon entre temps, et découvre avec joie qu’il ne l’a pas fait. En revanche, faudra m’expliquer où il est passé…

- Noé ? Hey ? J’avance doucement dans la pénombre, éclairé de ma simple lampe torche. Tu sais, je ne suis pas fan des cache-caches non plus. Mais encore une fois, on va dire que ça dépend des circonstances. Alors disons que dans celle-ci, ça ne m’enchante pas énormément. Noé ?

Il ne me faut pas plus d’une dizaine de pas pour retrouver le garçon entrain de vomir contre le mur. Et merde… Il n’a pas te…

- What the fuck… C’est quoi ce truc ?! Noé ! Bouge de là !

Il est bouché ou quoi ? Pourquoi est-ce qu’il ne fait rien ? GrrrrRRRAAAAH ! OK, c’est bon j’ai compris. Ça va encore être à moi de jouer.

- J’arrive !

M’armant de mes lunettes de soleil, je mémorise le trajet jusqu’à Noé et les mets. Ainsi protégé, je ne vois absolument plus rien et c’est génial, parce qu’il est hors de question que je vois ce fœtus géant plus longtemps. Je fonce vers Noé, que je bouscule par mégarde en arrivant à lui. Je me glisse alors sous son bras et le force à me suivre vers la sortie, le plus vite possible. D’un geste de la main, je relève alors mes lunettes et rallume ma lampe.

- Que ça ne soit pas mal interprété. Ce geste ne veut rien dire. Pigé ? Perfect. Maintenant cours ou… Tiens, mais où est passé le fœtus ?

Brusquement, je sens Noé m’être arraché, tandis que des frissons viennent parcourir toute mon échine. J’ai beau regarder autour de moi, il n’y a plus rien. Je suis seul. Complètement seul. Seul avec In…

- diana… Qu’est-ce que tu fais là ? INDIANA ?! Pourquoi il est là ? Je me précipite sur lui, lui prend le pouls. Pas de pouls ! Indiana, non… Réveille-toi ! Tu ne peux pas me quitter, pas comme ça. Pourquoi ? Je glisse mes doigts dans sa fourrure blanche et le soulève d’une traite. A l’aide ! Aidez-moi, je vous en supplie !!! Que quelqu’un vienne m’aider, s’il vous plait…
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Nofirstname Hills
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Nofirstname Hills
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Date d'inscription : 28/10/2018
Mar 29 Jan - 15:53

*Sbunk.*

C’est plus ou moins le son produit par Noé lorsque Grimm vient le percuter.

Techniquement, c’est à ce moment là qu’il devrait se dire « Hmm, c’est étrange, je suis presque sûr que ce n’est pas en fonçant dans son collègue qu’on lance un Riddikulus », mais actuellement, Nofirstname est plutôt occupé à se dire « Beuaaaarglh », ou un truc dans le genre.

En même temps, comprenez-le, ce pauvre garçon. Déjà, se retrouver devant un fœtus humain, c’pas top. Le fait qu’il paraisse vivant et bouge, bon, ça l’est encore moins. Mais alors en plus, quand vous avez provoqué vous-même l’avortement de votre propre rejeton quelques jours auparavant, vous conviendrez qu’il y a de quoi être dans un état… Second.

Et vomir ses tripes.

Heureusement, son collègue sorcier aux méthodes d’ensorcellement étranges vole à la rescousse. S’aggripant sans trop réfléchir à l’inspecteur Grimm, Noé se laisse entraîner plus loin dans les égouts, le temps de recouvrer un peu de ses esprits. Après quelques secondes, il parvient à courir de lui-même, et ouvre la bouche pour questionner son homologue sur la situation – mais trop tard, Grimm lui coupe la parole et… S’immobilise. Nofirstname ralentit aussitôt le pas jusqu’à être également à l’arrêt, et lance un regard alerté au jeune homme.

-Qu’est-ce que vous faîtes ? Ce n’est pas le moment de… !

Au tour de Noé de s’interrompre. Pour deux raisons : la première, c’est la sensation désagréable qui parcourt tout son corps et le brûle. Les Épouvantards qui sommeillent en lui… Ils veulent se nourrir eux aussi de la peur qui étreint actuellement son partenaire. La seconde, c’est justement cette obscurité totale et complète qui a brusquement envahi les lieux et qui paraît terroriser Grimm… Ah, nan. Erreur. Ce n’est pas le noir qui le terrifie à ce point, mais…

-… C’est un chien ?

Oui Noé, c’est un chien. Ou plus précisément : c’est le cadavre d’un chien dont l'Épouvantard a pris l’apparence. Grimm appelle autant que faire se peut cet « Indiana » auquel il paraît beaucoup tenir, puisqu’il n’hésite pas à plonger ses mains dans sa fourrure et… Non ! Le sang de Nofirstname ne fait qu’un tour alors qu’il franchit la distance qui le sépare du sorcier.

-Lâchez ça tout de suite !

Il n’y a rien de mieux pour un Épouvantard que d’être au plus près de sa cible. Saisissant un bras de Grimm d’une main, et repoussant le Non-Être de l’autre, Noé tente de l’en convaincre.

-GRIMM ! Qu’est-ce que vous faîtes ?! Ce n’est pas Indiana, mais un Épouvantard ! Lâchez-le ou il va… !

Mais il se fait purement et proprement repousser. Le jeune homme n’a pas l’air décidé DU TOUT à se débarrasser du pseudo cadavre de chien, et le brun se retrouve bien embarrassé. Il est parfaitement incapable de lancer un Riddikulus pour le faire fuir, et Grimm ne semble absolument pas disposé à l’écouter ! Bon sang, comment un sorcier a-t-il pu se faire avoir par un coup aussi idiot que… Un toutou mort… ?

Bon. Noé n’est pas très à l’aise, et fixe ses doigts en une expression incertaine… Mais aux grands maux, les grands moyens.

-Désolé !

*Sbaf.*

C’est plus ou moins le son produit par Grimm lorsque le poing de Noé vient percuter sa face.

Pas de quoi désarçonner le vaillant jeune homme, mais c’est suffisamment déstabilisant pour qu’il soit contraint de lâcher le cadavre d’Indiana. Si les Épouvantards prennent la forme la plus effrayante qui soit, ils en prennent aussi les caractéristiques, et on peut dire que ce chien pèse son poids mort.

Sans mauvais jeu de mot, bien de sûr.

Et maintenant que Grimm est séparé de la créature, Noé attrape sa main pour l’entraîner de force avec lui.

-Réveillez-vous bon sang ! Ce n’est pas Indiana, qu’est-ce qu’il ferait dans les égouts ?! C’est l'Épouvantard ! Alors concentrez-vous sur une pensée amusante et utiliser votre Riddikulus !

Alors qu’ils fuient, l'Épouvantard, incapable de se déplacer sous cette forme, change d’apparence en un claquement de fouet pour reprendre celle du fœtus. Visiblement, goûter à la terreur de Grimm ne lui a pas suffi…
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