Nofirstname Hills | « Appelez-moi Noé. »

Nofirstname Hills
Neutre
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Date d'inscription : 28/10/2018
Lun 29 Oct - 0:00

Nofirstname Hills
nom Hills prénom Nofirstname age 26 ans groupe Neutre sorcier, moldu, créature magique ? Cracmol avatar Hibari Kyoya, Reborn.
Description

An 2026,
quelque part en France.

-Courrez, bon sang, courrez !

Le son des feuilles mortes martelées par la course des fuyards se répercute dans toute la forêt. Dans l’obscurité de la nuit, les silhouettes de quatre adultes se détachent à la pâle lumière des astres stellaires. Deux d’entre elles se tiennent la main, l’une encourageant l’autre à avancer plus vite encore.

-Tiens bon Louise ! Il faut qu’on se dépêche, sinon…

Mais sa partenaire, a contrario de la demande, commence à ralentir le pas. Son visage est tordu par la douleur, et ses yeux rivés vers son ventre, dont la forme est évocatrice de la pleine lune qui domine actuellement la nuit. Entre deux halètements, Louise parvient à formuler quelques mots, non sans se tenir l’abdomen avec difficulté.

-Je… Je n’y arrive pas !… Je…

Elle continue malgré tout à avancer, péniblement. Son pas hasardeux la fait buter contre une racine, ou deux, mais heureusement pas de quoi la faire chuter. En une profonde expression d’inquiétude, elle cherche du regard les yeux de sa sœur.

-E-Elodie, je…

Louise ferme les yeux un instant pour interner la douleur qui la submerge, et reprend.

-J’ai mal… J’ai tellement mal…

Le visage d’Elodie se décompose. Toujours en tenant fermement une des mains de Louise, elle tente d’entraîner sa sœur plus loin encore.

-Essaye de le retenir ! Je…

Ses yeux scrutent avec peine l’obscurité de la nuit. Adrénaline ou chance inouïe, ils parviennent à déceler un lieu potentiellement salvateur malgré le peu de couverture lumineuse offert par les feuillages. Avec encore plus de hâte, Elodie tire sur le bras de sa sœur.

-Là-bas ! Une caverne ! O-on va s’abriter dedans, d’accord ?

Pour toute réponse, Louise ne peut que vaguement acquiescer.

Derrière elles, deux hommes. Armés de leurs baguettes, ils courent à reculons, de façon à pouvoir couvrir les deux femmes de leurs agresseurs.

-RiRiddikulus !

Hélas pour le moins âgé des deux, la terreur est beaucoup trop grande pour espérer se concentrer, ne serait-ce que quelques secondes, sur une pensée suffisamment distrayante qui saurait entraver les Épouvantards à leur poursuite. Complètement paniqué, il lance de nombreux coups d’œil furtifs aux femmes devant lui, en proie à une grande confusion, et finit par laisser échapper sa frustration auprès de son allié.

-Quelle idée avez-vous eu de venir me chercher ?! Vous saviez très bien que c’était extrêmement dangereux !

Crispé, l’homme à la chevelure grisonnante qui se tient à côté ne manque pas de rétorquer.

-Ça ne serait jamais arrivé si mon abruti de gendre n’avait pas décidé de partir chasser les Épouvantards, à l’aube de la naissance de son fils !

Comme en écho à son reproche, leurs poursuivants émettent ce claquement de fouet caractéristique, signe d’une transformation imminente. Aussitôt, le vétéran attrape le bras de son beau-fils, et le force à se retourner, pour ne plus se contenter que de courir. Il se laisse faire, mais sans décolérer.

-Je ne pouvais pas rater ça ! Un tel rassemblement… C’était inespéré pour mes recherches ! Et j’avais les choses parfaitement en main ! Puis… Pourquoi avoir emmené Louise ?! Vous avez pensé au bébé ?!

Les Épouvantards et leur vision ignoble désormais dans leur dos, les deux hommes tentent de mettre le plus de distance possible entre eux, tout en rattrapant les femmes parties se réfugier.

-C’est elle qui est partie la première à ta recherche, sombre crétin ! Elle était folle d’inquiétude, à ne pas voir son mari rentrer ! Si nous n’étions pas arrivés à temps, ils n’auraient déjà fait qu’une bouchée de vous et le gosse !

Que cela soit à cause de l’énervement, la peur, ou un élan de préservation, le chercheur décide d’arrêter net sa course, pour ensuite faire volte-face, sous le regard interloqué de son beau-père.    

-A quoi tu joues, bon sang ?!

Le mouvement de bras qu’il fait en sa direction est ferme, et décisif.

-Allez rejoindre Louise ! Je me charge de les retenir !

L’aîné souhaite répliquer, mais il ne lui en laisse pas le temps.

-Ernest, je vous en prie, protégez-les.

Cette supplication coupe court à toute protestation. En un grommellement de frustration, le beau-père se détourne, et fonce rejoindre ses deux filles avec le peu de force qu’il lui reste dans les jambes.

Il n’a aucun mal à trouver la caverne où elles se sont abritées : les hurlements d’une de ses filles sont suffisamment puissants pour lui indiquer le chemin. Complètement épuisé et à bout de souffle, Ernest rentre à l’intérieur, et prend appui sur une paroi tout en avançant pour retrouver la respiration.

-Est-ce… Est-ce que vous allez bien ?

Elodie est agenouillée devant Louise, qui elle, est allongée à même le sol poreux et poussiéreux de la grotte. Elle lance un regard complètement alerté à son père en le voyant arriver, et fixe l’entrée plus loin.

-Où est Loïc ?!

Les dents serrés, Ernest tente de se rapprocher de ses filles.

-Il retient ces saloperies.

Il s’agenouille ensuite auprès de Louise. Sa poitrine se soulève et s’abaisse à une fréquence frénétique, pendant que, d’un Lumos, son père éclaire les alentours de la grotte.

-Elodie, aide moi à l’alléger.

Docile, la benjamine l’aide à retirer l’énorme pull que porte Louise, et a soulevé son t-shirt. Leurs expressions horrifiés n’échappent pas à cette dernière, dont la panique ne fait qu’accroître.

-Que… Que se passe-t-il ?!
-Ton… Ton ventre ! Que t’est-il arrivé ?!

Une énorme balafre entaille effectivement de part en part le corps de la femme enceinte. Le souffle court, elle tente vainement de regarder le sommet de son ventre, mais finit par faire retomber sa tête en signe d’abandon.

-Je… Je n’en sais rien, je… Je crois que ce sont ces Épouvantards, je… J’ai tellement mal… AAAAAAAH ! Il… Il arrive !

Leurs cœurs battent à cent à l’heure. Tant bien que mal, Ernest tente de mettre en place une organisation saine, sans grand succès, pendant que les hurlements de Louise résonnent dans toute la forêt.







***
26 ans plus tard.
An 2052,
dans une salle d’interrogatoire.

Un homme et une femme restent parfaitement silencieux. Fixant très attentivement la silhouette assise derrière la vitre opaque, il faut attendre plusieurs longues secondes avant que l’un d’eux ne prenne la parole.

-Alors ? Vous en pensez quoi ?

L’inspecteur scrute attentivement les réactions de sa comportementaliste. Celle-ci garde les yeux rivés sur le suspect dans l’autre salle, et le détaille de bas en haut. Il s’agit d’un jeune adulte de corpulence moyenne, âgé sans doute d’un quart de siècle, et au visage lugubre. De courts cheveux d’un noir profond, plaqués sur le sommet de son crâne, tentent vainement de dissimuler son regard aux autres. Ce dernier semble alterner entre une couleur grise et bleutée selon la luminosité ambiante, et ses traits fins le font presque passer pour une personne d’origine asiatique. Pourtant, la pâleur blanche de sa peau semble rentrer en contradiction avec cette supposition, de même que son patronyme, résolument anglais.

-On ne peut pas dire qu’il a le profil d’un homme violent.

Son visage impassible trahit un calme à toute épreuve. Malgré les cernes visibles sous ses yeux – qui n’en auraient pas après pareille nuit ? –, on comprend assez aisément que ce jeune homme est naturellement ennuyé par la vie. Une expression morne, lasse et inerte. Le garçon n'est pourtant pas hostile, en vue du peu d'échange qu'elle ait pu observer avec l'inspecteur, il semble simplement... Introverti.

-Je me moque de savoir s’il peut être violent. Ce que je veux savoir, c’est si oui ou non il a pu commettre le crime.

La comportementaliste grince les dents, appréciant peu le ton de l’enquêteur. Elle se détourne de la vitre et s’approche de la porte, pour l’ouvrir, sans toutefois la franchir.

-N’importe quel être humain est capable des pires atrocités, pour peu que vous lui en donniez les raisons.

Et sur ces mots, elle disparaît. L’homme fixe un instant la porte ainsi close, avant de rediriger son attention vers le garçon en garde à vue.
Histoire
Ce dernier relève la tête quand l’inspecteur finit par le rejoindre. Amenant avec lui une tablette similaire à sa collègue, il garde les yeux rivés dessus, et fait mine de ne pas regarder le jeune homme.

-Quel genre de parent appellerait son enfant « Nofirstname » ?

Il vient ensuite jeter l’appareil sur la table, et tire la chaise qui se trouve de l’autre côté pour s’asseoir en face du suspect. Ce dernier lève des yeux platoniques en sa direction, et répond avec un ton aussi sec que morne.

-Des parents morts.

Le haussement de sourcil du policier témoigne d’une certaine surprise, que Nofirstname tente d’amoindrir en nuançant son propos.

-Je suis orphelin de naissance. Ce sont ma tante et mon grand-père qui se sont occupés de moi après l’accouchement. Ils sont tous deux britanniques et ne parlaient pas un mot de français, donc au moment de remplir les papiers, ils ont indiqué « No first name » sur le certificat – mes parents étant décédé avant d’avoir pu me nommer. Ils pensaient pouvoir régler ça plus tard, mais c’était surestimer l’administration française.

Malgré la tristesse du récit, son interlocuteur a un petit rire amusé, ne pouvant qu’approuver la dernière remarque. Il se redresse plus convenablement sur sa propre chaise, et pose ses bras sur la table, joints par les mains.

-Bien, M. Hills… Vous permettez que je vous appelle M. Hills, du coup ?

Un hochement de tête suffit à l’en autoriser.

-Parfait. Je… Présume que vous savez les raisons de votre interrogatoire ?

Second hochement de tête.

-Que pouvez-vous me dire au sujet de votre relation avec Mlle. Beaubois ?

Nofirstame trépigne nerveusement à la mention du nom, et fixe le vide, mal à l’aise.

-C’était… Ma petite amie.

Un lourd silence suit cette déclaration, dans l’attente d’un prolongement, mais rien. L’enquêteur se fait donc plus insistant.

-Et cela se passait bien ?

Il acquiesce fébrilement.

-Oui. On…

Il baisse les yeux, et se triture les doigts.

-… On prévoyait même d’aménager ensemble...

L’inspecteur soupire lentement. Son attention est alors captée par l’une des mains de Nofirstname, couverte de bandages.

-Qu’est-il arrivé à votre poignet ?

Un peu surpris par la question, il lève par réflexe la main bandée, mais l’abaisse aussitôt.

-… Oh, ça... Je me le suis fait cette nuit, après que vous m’ayez mis en garde à vue… Vous pourrez demander à l’homme chargé de me surveiller, il vous le confirmera.

Il tente de lentement agiter ses doigts, ankylosés.

-J’ai passé une nuit… Difficile. Et… Le surveillant m’a surpris en train d’essayer de me fracasser le poignet dans mon sommeil. S’il n’était pas intervenu, je me le serai certainement cassé…

L’homme en face de lui tapote lentement la table tout en acquiesçant, peu intéressé par ces révélations, et prend une profonde inspiration.

-… Bon. Je ne vais pas passer par quatre chemins.

Nofirstname plonge ses yeux dans les siens, dans la crainte de la suite.

-Nous vous avons trouvé hier après-midi dans l’appartement de Mlle. Beaubois, les mains couvertes de sang et le corps de votre petite amie éventrée gisant au milieu du salon…
-C-ce n’est pas ce que vous croyez ! J-j’essayais simplement d’endiguer la plaie ! Je…

Le ton de l’inspecteur se renforce lorsqu’il lui coupe la parole.

-Pas de signe d’effraction, pas de signe de lutte, pas de témoin, et rien qui ne laisse présager un suicide. Alors, je vais simplement vous poser la question…

Il se tend, et la poigne de ses mains se renforcent alors qu’il darde Nofirstname du regard.

-Avez-vous oui ou non assassiné Hydia Beaubois ?

Tremblant, Nofirstname secoue la tête de droite à gauche, et recule lentement contre son dossier.

-Non… Non…

Ses mains se portent à son visage, et soulèvent ses cheveux qui jusqu’à présent dissimulaient ses yeux rougis.

-Ce n’est pas moi, je… Je venais tout juste de la rejoindre, et… Elle était là, par terre, das une mare de sang… Avec le couteau en céramique… Planté dans son… Son…

Il hoquette en se remémorant la scène.

-Dans son ventre ! E-et moi, je… Quand je suis arrivé… Je n’ai rien pu faire, elle… Elle était déjà complètement inconsciente ! J’ai voulu retirer le couteau, compresser la plaie, la ranimer ou la réveiller, m-mais… Quand j’ai appelé les secours, elle était déjà… Elle était…

Les tremblements se font plus vigoureux.

-… M-morte ? Hydia… Ne… Respirait plus du tout… J’ai eu beau l’appeler… J’ai eu beau la secouer… Rien n’y faisait. Elle... Refusait de rouvrir les yeux… Et… Et… Il y avait ce fichu test de grossesse à côté d’elle… Quand je l’ai trouvé… Il…

Nofirstname relève la tête et fixe l’inspecteur.

-Quatre mois. Il indiquait quatre mois. C’est… Au delà de l’autorisation d’avorter. Vous… Vous croyez qu’elle a…. ?

Loin de se laisser amadouer, celui-ci avance ses coudes sur la table et rapproche son visage de celui du suspect.

-N’essayez pas de m’embobiner. Il y avait des tas d’autres façons de réagir à ce genre d’événements, et vous voulez me faire croire que la première chose qui lui a traversé l’esprit, c’était de se suicider ?

Visiblement décontenancé que les accusations puissent revenir à lui, le jeune homme recule, et reprend ses mouvements négatifs de la tête.

-N-non ! Puisque je vous dis que… !

Il se rapproche à nouveau en semblant se remémorer de quelque chose.

-S-son décès, il a bien été estimé dans les environs de 16h, non ? Je… Je vis à environ une heure en transport en commun de chez elle, et avant de passer la voir, j-je suis passé retirer des billets à la banque… Demandez l’enregistrement des caméras de surveillance ! Vous verrez que je n’étais pas présent chez elle !

L’inspecteur fronce les sourcils.

-Vraiment ?

Nofirstame acquiesce vivement. En un grommellement, son interlocuteur attrape la tablette sur la table, et se relève, avant d’avancer en direction de la sortie.

-Et vous ne pouviez pas commencer par ça… ? Je reviens le temps de vérifier votre alibi. Vous... Ne bougez pas.
-D… D’accord.

Le jeune homme se rassoit, encore tremblotant, et regarde la porte de la salle d’interrogatoire se refermer derrière le passage du policier.



***
Le soir même,
un bar.

-Journée difficile ?

Sa collègue vient prendre le tabouret à côté de l’inspecteur. Celui-ci détourne à peine le regard de son verre pour vérifier son identité, et se contente plutôt de reprendre une gorgée.

-Pas plus que d’habitude.

Il le repose sur le bar, et soupire lourdement.

-C’est juste que… Cette fille. Je ne sais pas si je suis juste attristé par son sort ou atterré par l’idée qu’elle ait pu mettre fin à ses jours.

La comportementaliste fronce les sourcils.

-Vous avez conclu à un suicide ?
-L’alibi du jeune homme est valide, et les preuves n’invalident pas sa version des faits. Ses empreintes ont tout aussi bien pu se retrouver sur le couteau au moment de l’utilisation que lorsqu’il l’a retiré du corps de sa petite amie.

Elle ne réagit d’abord pas, en pleine introspection, avant de répondre avec hésitation.

-Et… Est-ce que par hasard, il pourrait être… ?

Voyant parfaitement où elle veut en venir, l’homme répond aussitôt.

-Non. Les tests ADN sont négatifs. Il ne pratique pas la magie.
-Je vois.

Son ton amer arrache un regard inquisiteur à l’inspecteur. La femme le capte, et soupire à son tour.

-Selon moi, cette fille n’avait aucune raison de se suicider pour si « peu ». En tout cas… De ce que j’ai pu entendre, elle n’est pas assez instable pour réagir aussi impulsivement. Après plusieurs jours voire semaines, pourquoi pas… Mais pas aussi spontanément. Ce genre de réflexion se mûrit.

Il hoche la tête en signe d’accord. Il reprend une gorgée de son verre, alors que sa collègue se lève sans plus de cérémonie.

-Je dois vous laisser. Du sale boulot m’attend.
-… C’est-à-dire ?
-Des proches d’une victime d’une autre affaire. Elle vient tout juste d’être déclassifiée, et je vais devoir leur décrire de A à Z comment leur fils est décédé.

Le policier se contente d’un mouvement de la main compatissant.

-Bonne chance.
-Vous aussi.

Elle s’éloigne, non sans lâcher quelques dernières paroles.

-Et ne forcez pas trop sur la boisson.

Il sourit, et reboit aussitôt une gorgée. En reposant son verre sur la table, il contemple son reflet dans la surface liquide, et se laisse lentement aller à une méditation léthargique.

Avant de brusquement écarquiller les yeux.

Sans aucune transition, il se lève en catastrophe de son tabouret, et plaque un billet contre le comptoir à côté du verre. Il attrape son manteau, et part en trombe en direction de la sortie…



***
Plus tard dans la nuit,
cimetière.

Nofirstname est parfaitement droit, et immobile.

Sa main encore bandée, il contemple la stèle qui se trouve devant lui, et ne la quitte pas des yeux. Seul le faible éclairage d’un lampadaire plus loin permet de déchiffrer le texte qui y est gravé, mais ne permet toutefois pas de repousser la pénombre alentour. Pas d’autres bruits que le lointain vrombissement des voitures ne perturbent son observation, jusqu’à ce que les pas d’un individu à proximité captent son attention.

-Vous êtes là depuis longtemps ?

La voix de l’inspecteur permet à Nofirstname de l’identifier. Le représentant des forces de l’ordre s’avance à la lumière du lampadaire, et s’arrête pour contempler le garçon. Ce dernier, d’un regard laconique, se focalise à nouveau sur la pierre tombale.

-J’ai manqué son enterrement à cause de la garde à vue… De toute façon, comme tout le monde devait me croire coupable, je n’aurai sans doute pas été invité.
-Est-ce que vous l’êtes ?

Son expression se durcit face à cette énième accusation.

-Que me voulez-vous ?

Le pas lent, l’inspecteur s’avance.

-Quelque chose me turlupine à propos de ce vous m’avez révélé, tout à l’heure…  Vous avez prétendu être absent pendant le meurtre de Mlle. Beaubois, c’est bien cela ?

Nofirstname fixe l’homme qui s’avance, et fronce les sourcils, incertain de savoir où il souhaite en venir.

-… Oui ? Cela a pourtant bien été confirmé par les enregistrements de la banque, non ?

Le policier hoche la tête.

-Tout à fait. La seule chose que je ne comprends pas, c’est…

Il s’arrête juste devant lui, et plante ses yeux droit dans les siens.

-Comment pouvez-vous savoir que Hydia est décédée à 16h autrement qu’en étant sur place au moment des faits ?

L’expression de Nofirstname se fait plus perturbée. Il met quelques secondes à répondre, incertain quant aux intentions de l'enquêteur.

-C-c’est un de vos collègues qui…
-Aucune information liée à la résolution de l’enquête ne sera révélée publiquement avant l’arrestation du coupable. Seuls les policiers en charge des interrogatoires sont en droit d’en communiquer aux suspects pour préciser leurs témoignages…

Son visage se rapproche, et se fait plus menaçant.

-Personne ne vous a communiqué l’heure du décès. Seul le légiste et moi-même étions au courant lorsque je suis venu vous interroger – et j’ai pris la peine de réécouter l’enregistrement de notre échange, je peux vous assurer que cette information n’a pas fuité une seule fois. Alors, je répète ma question…

Il élève la voix.

-Comment. Saviez-vous ?

La mine sombre, Nofirstname se détourne pour encore une fois observer la tombe. Ses traits se sont tendus et son expression durcie, tandis qu’il semble à la recherche de ses mots. Ses lèvres marmonnent d’inaudibles propos à qui il tente de donner forme, avant d’enfin y arriver.

-Cela faisait deux ans que nous étions en couple. Elle était belle… Vive… Intelligente… Et rayonnait… Comme personne n’a jamais rayonné à mes yeux…

Il prend une profonde inspiration.

-Elle a été mon premier et seul amour. Je… Ne suis pas quelqu’un de très à l’aise avec les gens, mais avec cette fille, je n’ai jamais été aussi détendu. Épanoui. Heureux. Elle était devenue… Ma raison d’être. C’est même pour elle que je suis resté en France, au lieu de rejoindre ma famille en Angleterre…

Il lève les yeux vers l’inspecteur.

-J’étais chez elle. A 16h. Même un peu avant, pour dire vrai. Et c’est là que… Son masque est tombé.

Son regard, empreint de colère, se perd dans le vide.

-Elle m’a annoncé qu’elle était enceinte. De moi. Que cela faisait déjà quatre mois. Et qu’elle allait garder le bébé. Au début, j’ai cru à une mauvaise blague… Mais elle avait les preuves à l’appui. Et évidemment, j’étais contre. Moi, parent ? Si tôt ? Non. Je n’étais pas prêt. Je ne voulais pas m’y résoudre. C’était impensable.

L’homme qui lui fait face entrouvre la bouche pour parler, mais Nofirstname le coupe.

-« Oh, mais je ne te laisse pas le choix ». C’est ce qu’elle m’a répondu. Elle savait que je ne serai pas d’accord. Elle savait aussi que si elle attendait quatre mois, elle ne pourrait plus avorter. Et elle savait que… Si je l’abandonnais elle et l’enfant… Alors elle serait en droit de me faire un procès. De m’obliger à lui verser de l’argent de façon régulière et permanente. D’attendre de moi que je l’entretienne, et pouvoir me tenir en laisse avec ses discours de mère esseulée.

Ses poings se serrent.

-Elle m’a manipulé. Pendant tout ce temps. Son seul but… Depuis toujours… A été de trouver quelqu’un à embobiner. Charmer. Ce n’était qu’une croqueuse de diamants. Capable de la plus grande de bassesses pour obtenir d’un moldu tout l’argent qu’elle désirait…

Cette fois-ci, l’inspecteur parvient à le couper.

-… Vous avez dit moldu ?
-Vous croyez que j’ai fait comment ?

La réponse acerbe de Nofirstname le prend un peu de court.

-C’en était une. Sorcière. Tout comme mes parents, et mes grands-parents avant eux. J’étais une cible de choix… Un cracmol, à l’instar de ma tante. D’abord élevé comme sorcier, puis chez les moldus lorsqu’ils ont compris que mon gêne resterait à jamais endormi. Je pouvais lui apporter tout l’argent qu’elle voulait sans la déconnecter de son monde absurde et magique.

La tournure que prend cette histoire de meurtre, d’abord anodine, laisse l’enquêteur de plus en plus pantois, permettant au garçon qui lui fait face de continuer dans sa lancée.

-Portoloin, vous connaissez ? C’est un objet magique qui permet à quiconque le touche de se déplacer d’un endroit à un autre. Et vous savez quoi ? Même les personnes ne maîtrisant pas la magie peuvent s’en servir. Hydia en avait placé un dans chacun de nos appartements, pour pouvoir communiquer de l’un à l’autre rapidement. Alors je m’en suis servi.

Regard en direction de la tombe.

-Lorsqu’elle m’a tout avoué, je l’ai tuée. C’était le seul échappatoire possible. Tant qu’elle serait en vie, elle et le bébé… Je n’avais aucune chance de gagner. Alors j’ai pris le couteau, et… Je l’ai plantée. Puis j’ai utilisé le Portoloin. Je suis sorti de chez moi, et me suis arrangé pour passer devant des caméras de surveillance, pour ensuite arriver chez elle par une voie plus conventionnelle.

Regard vers l’inspecteur.

-La suite, vous la connaissez.

Un lourd silence s’installe dans le cimetière. Nofirstname reste parfaitement immobile, une expression mêlant colère et chagrin sur le visage, et toise le policer en l’attente d’une quelconque réaction. Ce dernier ne paraît pas certain de savoir comment réagir en premier temps, mais finit par attraper quelque chose dans son dos.

-Je vais devoir vous demander de me suivre au poste, M. Hills.

La paire de menotte qu’il révèle est assez révélatrice de la suite.

Pourtant, l’assassin refuse de s’y résoudre.

-Je suis désolé. Mais je ne peux pas vous laisser faire ça.

Un voile de tristesse passe sur le visage de Nofirstname.

-Cette femme… D’abord avec l’enfant, maintenant avec sa mort. Elle aura tout fait pour m’arracher ma liberté. Je refuse de la laisser gagner. Je ne veux pas… Je suis encore tellement jeune. Et j’ai encore tellement de choses à faire. Non, je… Je n’ai pas envie d’aller en prison…
-Si vous êtes coopératif et sincère, la justice pourra se montrer clémente. Vous n’en aurez que pour quelques années.
-… Quelques années… ?

Il secoue la tête de droite à gauche, et recule d’un pas.

-Non… Je ne veux pas…
-M. Hills, vous êtes en état d’arrestation. Ne m’obligez pas à…
-Dîtes moi, inspecteur... Savez-vous réellement ce qu’est la peur ?

La question prend à nouveau de court le policier.

-... Ecoutez, ces dernières heures ont été éprouvantes pour vous, vous feriez mieux de...
-Je suis désolé.

Dans la pénombre, il était difficile de voir toute l’agglutination fantomatique qui a commencé à prendre forme autour du corps de Nofirstname. D’abord de petits résidus noirs et informels, ils se sont progressivement accumulés et ont pris une apparence plus concrète, plus grande, qui a ensuite commencé à s’élever depuis le jeune homme. Immobile, son interlocuteur dévisage avec de grands yeux cette manifestation d’outre-tombe émaner de l’assassin.

-… Qu’est-ce que… ?!

Grave, le jeune homme agite ses doigts, dont il fixe les émanations.

-Personne ne sait vraiment. On pense à une malédiction. Qui m’aurait été lancée à la naissance. Par des Épouvantards. Ceux-là même qui seraient responsables de la mort de mes parents…

Nofirstname s’avance désormais en direction du policier.

-Ce qui étrange, c’est qu’il n’y ait même pas besoin que je puisse utiliser la magie. En fait… Il semblerait que je sois simplement leur hôte. Ils se tapissent dans mon corps… Et ressortent quand je les y autorise.

Une forme gigantesque et monstrueuse vient se placer entre eux deux, et surplombe progressivement l’inspecteur, tétanisé.

-Ils prennent alors la forme de votre plus grande peur. De vos pires cauchemars. Et…

Un cri se fait entendre. Mais ce n’est pas celui de l’homme. Ni de l’Épouvantard. Il s’agit… D’une lamentation de bambin. Le son d’un bébé en train de pleurer. Et celui-ci… Provient directement du bras de Nofirstname. Crispé, le jeune homme redresse lentement sa main, qu’il croyait bandée… Et constate avec horreur que celle-ci a pris la forme d’un crâne. Ses doigts ont disparu, et laissé place à un moignon informe, dans lequel se sont incrustés des yeux, un nez et une bouche. Ceux d’un bébé.

Ou plus précisément, ceux de l’enfant qu’il a tué. A l’aide de cette même main.

Sa réaction ne se fait pas attendre. En cri de terreur, il fracasse la tête du bébé contre la pierre tombale à côté. Cela lui fait terriblement mal. Il ressent la douleur qu’il éprouve. Logique, après tout, il s’agit d’une part de lui-même. C’est douloureux, mais il continue. Il a besoin de chasser cette vision. Il doit s’en débarrasser. La tuer, encore et encore. Il…

Il se souvient alors d’où elle provient. Aussitôt, il s’arrête, le bras prêt à se fracasser à nouveau contre la pierre, alors que les groupuscules noirs regagnent son corps. Ses yeux ont rougi et se sont emplis de larmes, autant à cause de la peur que de la douleur. Son cauchemar prend lentement fin, et ne laisse derrière lui qu’un Nofirstname à la main ensanglantée… Et un policier assis par terre, lui aussi tétanisé par la propre vision auquel il a dû être confronté.

Tremblotant, Nofirstname s’attrape la main endolorie, et balbutie quelques mots.

-M-même moi, je n’y échappe pas. P…. Personne n’échappe à… S-ses propres peurs.

Lentement, il s’avance vers l’inspecteur. Le regard fixé sur le vide, le corps pris de spasmes et les yeux écarquillés, il est tout simplement beaucoup trop terrorisé par ce qu’il a vu pour pouvoir réagir. Nofirstname s’accroupit, et malgré les larmes qui perlent sur son visage, tente de sourire.

-Vous… Vous ne m’en voulez pas, pas vrai… ? Je… Je ne voulais pas vous faire ça, mais… J’ai juste… Envie d’être libre… Vous comprenez ?… Je… Je suis sûr que oui… Vous me comprenez… M-merci pour tout… Vraiment…

Puis le maudit se redresse, et sans même jeter un dernier regard en direction de la pierre tombale, s’éloigne.



***
Quelques jours plus tard,
Londres.

Nofirstname fait défiler les informations sur son portable de sa main de libre.

L’autre bandée, il a jugé bon de passer une bandoulière rattachée à son épaule pour éviter tout mouvement brusque.

Ses yeux scrutent les dernières nouveautés de sa région natale, avant de s’arrêter sur celles qui l’intéressent.

« La police statue sur un suicide. » « L’inspecteur en charge de l’enquête interné suite à une violente et soudaine crise de panique. »

Il ne fait pas le moindre commentaire, et se contente de fermer la page internet, pour ensuite aller dans ses contacts. Il sélectionne un numéro qu’il appelle, et porte l’appareil à son oreille.

Après que le bip ait sonné une fois, deux fois, puis que la personne ait décroché, Nofirstname prend la parole.

-Tante Elo… Je viens d’arriver à Londres.

alias
-S’appelle littéralement « Sans prénom »
-Orphelin de naissance
-Maudit
-Cracmol rejeté par les sorciers
-Mais incapable de s’intégrer chez les moldus
-A tué la seule femme qu’il n’a jamais aimé et qui le manipulait
-A au passage tué son gosse
-Est hanté par la vision de ce dernier

C’EST BON, C’EST ASSEZ D4RK VOUS CROYEZ ?

(sinon je crois que j'ai battu mon record de femmes enceintes dans un récit) (et on dirait que j'ai un léger problème avec elles)

En dehors, môa c'est Pikafan :D Plus connu sous le nom de Ginji, i guess.
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Dax Miller
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Messages : 23
Date d'inscription : 14/04/2017
Lun 29 Oct - 8:27

Tu es validé !
AAAAAAAAAnh !! ce délicieux drama je waw !! Nofirstname est absolument génial et c'est très très cool de te lire avec un personnage aussi différent ! Très très hâte de le voir évoluer sur magicid !
Tu peux maintenant aller recenser ton avatar, ouvrir tes relations, créer ton carnet et commencer à rp !
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